Depuis le 9 février 2024, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) s’est dotée d’un nouvel instrument de pilotage de la politique monétaire : les Bons Beac. Cette nouvelle stratégie mise en place pour réduire l’inflation d’origine monétaire dans la zone Cemac a pour but d’assécher les banques commerciales et de restreindre l’accès au crédit. Malgré la timidité avec laquelle répondent les établissements de crédits à ces appels d’offres, ce nouvel instrument a connu une dynamique sans cesse croissante. Pour preuve, entre avril et juillet 2024, l’encours des émissions de Bons Beac a quadruplé (+ 201%), passant de 26,9 milliards de Fcfa à 81 milliards de Fcfa. Un véritable exploit réalisé par la Banque centrale qui espère que cette stratégie se répercute sur le coût du crédit bancaire, limitant ainsi l’accès aux agents économiques.
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Toutefois, depuis la relance en juin 2024 des opérations d’injection de liquidité dans le circuit bancaire, les banques commerciales ont tendance à bouder les émissions de Bons Beac. En besoin de cash, celles-ci préfèrent se refinancer plutôt que de rétrocéder les fonds à la Banque centrale. Pour preuve, sur les quatre opérations de Bons Beac lancées courant août et septembre 2024, trois ont été déclarées infructueuses. Pourtant, Abbas Mahamat Tolli, l’ex gouverneur de la Beac précisait lors du lancement de cet instrument financier que les Bons Beac « devraient être plus efficaces dans l’assèchement des banques, notamment celles qui sont absentes du marché interbancaire (devenu la solution idoine pour le refinancement des banques face au relèvement des taux directeurs de la banque centrale, Ndlr), car, disposent-elles d’excédents de liquidité. Abbas Mahamat Tolli justifiait donc son optimisme par l’attractivité au niveau de la rémunération de ces Bons, facteur qui devrait inciter les banques à y souscrire.
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Cette appétence de plus en plus vorace des établissements de crédit vers la liquidité proposée par Beac témoigne d’un besoin accru de liquidité les banques opérant dans la zone Cemac. Au vu de ce besoin sans cesse croissant, les interventions de la Banque Centrale sur le marché monétaire ne font que grimper. Entre avril et juillet 2024, le volume des injections nettes dans le système bancaire s’est élevé à 855,8 milliards de Fcfa contre 786 milliards de Fcfa trois mois plus tôt ( avril 2024), en augmentation de 8,9 % (69,8 milliards de Fcfa).
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Quant à l’encours des opérations de reprise de liquidité du système bancaire, il a progressé de 29,6 %, passant de 62,5 milliards de Fcfa à 81 milliards entre avril et juillet 2024. En effet, le volume moyen de l’opération principale de reprise de liquidité est passé de 35,6 milliards de Fcfa en avril 2024 à un montant nul trois mois plus tard, « suite à l’arrêt des opérations de ponctions de liquidité au titre de l’opération principale à partir de juin 2024 », justifie la Beac dans son Bulletin Economique et Statistiques- Septembre 2024.

