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Marquage des boissons : le groupe SABC n’a pas attendu pour se mettre à l’ouvrage

L’entreprise a adopté le marquage d’abord comme exigence de norme de qualité, et y a investi de manière conséquente.

Alors que le ministère des Finances a décidé de poursuivre avec le marquage fiscal de boissons fabriquées au Cameroun, on a pu noter que le groupe Société Anonyme des Brasseries du Cameroun (SABC) n’a pas attendu pour effectuer ce type de pratique. Sur des emballages notamment des produits de sa filiale SEMC (Société des Eaux Minéralières du Cameroun), on remarque que le marquage y est pratiqué. Des responsables de l’entreprise ont confié que cela n’a rien d’exceptionnel, car cela fait partie de sa charte de qualité, déjà vis-à-vis de la clientèle, mais aussi des partenaires du brasseur. « Vous ne pouvez pas vendre les produits de grands groupes comme Coca Cola, SAB Miller ou encore Heineken, qui sont des leaders mondiaux, dans la fabrication de boissons, sans observer des règles de sécurité et de garantie de la qualité », a fait savoir le responsable sous le couvert d’anonymat, car la question fait l’objet des échanges avec le gouvernement. Ce marquage serait donc effectif dans l’ensemble des usines du groupe. EcoMatin a pu apprendre qu’au-delà du respect des règles de partenariat, le marquage a aussi été implémenté avec comme objectif, apporter plus de transparence dans la collaboration avec l’administration fiscale. Le dispositif permet désormais à cette dernière d’avoir elle aussi des éléments de traçabilité sur des produits fabriqués par le groupe.


>> Lire aussi – Nouveaux clashes en perspective entre producteurs de boissons, consommateurs et l’Etat


La grande question est désormais de savoir comment se chevaucheront ce marquage et celui qu’impose le ministère des Finances. S’il n’est pas question pour l’entreprise et ses concurrentes d’arrêter le marquage des produits, il est clair que le marquage fiscal du gouvernement risque d’être à l’origine de coûts de production supplémentaires pour un objectif d’efficience qui sera toutefois assez faible. Dans l’ensemble, la contribution du secteur brassicole atteint déjà les 400 milliards de FCFA en termes aussi bien d’impôts directs, que de ressources indirects. Le gouvernement a indiqué vouloir contrôler lui-même le système de distribution de sorte à mener un meilleur rapprochement fiscal. Sauf qu’il choisit de financer l’amélioration de son système sur la trésorerie des fabricants de boissons. Par ailleurs, il n’est pas clair sur comment les ressources supplémentaires générées par ce marquage fiscal permettront de réduire les importations frauduleuses. Une part importante du chiffre d’affaires du secteur est absorbée par des importations frauduleuses, et parfois sans grande actions décisives du gouvernement.

La Rédaction EcoMatin

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