L'État gabonais s'apprête à imposer une discipline financière stricte à ses établissements publics (EP). La loi de finances pour l'exercice 2026 conditionne désormais toute hausse de la masse salariale dans les établissements publics à la démonstration d’une capacité d’autofinancement sur au moins cinq ans. « La hausse de la masse salariale … est désormais conditionnée par la preuve de leur capacité à autofinancer, pendant au moins cinq (5) ans, l’augmentation des charges de personnel », stipule le texte.
Plus loin, précise le texte, les établissements publics sont « désormais tenus de déclarer auprès du ministère des Finances » un dossier complet afin de justifier leur gestion et toute hausse de la masse salariale. Ce dossier doit inclure le bilan et les résultats prévisionnels sur une période d'au moins cinq ans, ainsi qu'un état exhaustif des dépenses de personnel. Ce dernier comprend des informations détaillées telles que la liste nominative du personnel et la grille salariale, l'état des salaires ou traitements annuels de chaque agent, le plan de gestion prévisionnelle des effectifs sur cinq ans et les fiches de postes de chaque agent.
Le texte récemment adopté au parlement ne l’explique pas, mais une telle réforme vise à conférer au ministère un droit de regard accru sur la gestion des EP pour garantir une maîtrise des effectifs et une gestion financière responsable. Dans ce sens, elle revêt divers enjeux. Dans un premier temps, l’Etat gabonais veut considérablement réduire les subventions des établissements publics qui se retrouvent face un des lourdes charges financières pour des recrutements parfois non planifiés. Dans ce sens, le gouvernement envisage de rationaliser les recrutements et faire en sorte que les EP puissent désormais générer des revenus propres (issus de leurs activités, redevances, etc.) suffisants pour couvrir toute nouvelle revalorisation salariale, forçant une gestion prévisionnelle rigoureuse.
Pour rappel, la loi de finances 2026 table sur une masse salariale de 959,7 milliards de FCFA, en hausse de 16 % en glissement annuel pour un effectif de 119 317 agents publics. De l’autre côté, l’on assite à une explosion des "recettes concédées" par l'État aux établissements publics. Ces entités doivent percevoir en 2026 une enveloppe de 395,3 milliards de FCFA, soit une augmentation de 454 % par rapport à 2025. Il s'agit en effet, des ressources propres (taxes, droits, ou redevances) que l’Etat affecte directement aux établissements publics pour financer leurs missions.
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