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Média : MultiChoice rejette une offre de 1,5 milliard d’euros de Canal+ pour son rachat

Le groupe sud-africain justifie son refus par le fait que la filiale du groupe français Bolloré sous-évalue la valeur de l’entreprise. Si l’opération était validée, le français Canal+ aurait renforcé sa présence en Afrique.

Le 1er février dernier, Canal+ a soumis une offre non contraignante au Conseil d’administration de l’opérateur sud-africain MultiChoice, dont elle détient environ 35% du capital, en vue de racheter la totalité de ses actions. Selon des indiscrétions, la chaine française a mis 1,5 milliard d’euro supplémentaires sur la table. Cinq jours plus tard, l’offre de la chaîne cryptée a été rejeté par les dirigeants du géant sud-africain. MultiChoice justifie son refus par le fait que l’offre formulée par Canal+ sous-évalue la valeur de l’entreprise sud-africaine.

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En effet, Canal+ souhaitait acquérir l’ensemble du capital de MultiChoice au prix de 105 rands (5,13 euros) par action, payé en espèces, soit une prime de 40% par rapport au cours de l’action clôturé le 31 janvier. « Bien que le Conseil d’administration soit ouvert à tous les moyens de maximiser la valeur actionnariale, il a fait savoir à Canal+ qu’au prix proposé, la lettre ne constituait pas une base pour une négociation plus avancée », informe MultiChoice par voie de communiqué. Bien plus l’entreprise que dirige Calvo Mawela (PDG) trouve que le prix proposé par Canal+ ne tient pas compte de l’évolution de l’activité de MultiChoice au cours du dernier exercice financier. Toutefois, malgré ce refus, l’entreprise sud-africaine reste « ouverte» à toute offre « à un prix équitable et sous réserve de conditions appropriées ». 

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Il faut dire que c’est sa position d’actionnaire qui autorise Canal+, filiale de Bolloré à vouloir acquérir cette entreprise cotée à la bourse de Johannesburg. Selon les textes constitutifs du groupe sud-africain, lorsqu’un actionnaire atteint le seuil de 35% des actions, il déclenche automatiquement une offre de rachat. D’après nos confrères du Figaro : « cette opération, si elle s’était réalisée au prix proposé par Canal+, représentait un montant supplémentaire de 1,5 milliard d’euros pour la filiale du groupe Vivendi ». Soit un investissement global de 2,5 milliards d’euros depuis son entrée au capital en 2020.

Relevons par ailleurs que le refus de MultiChoice intervient dans un contexte où « Vivendi étudie un projet de scission de ses activités en quatre entités cotées, structurées autour de Canal+, Havas, une société incluant sa participation majoritaire dans Lagardère et une société d’investissement », indique Zone de bourse.

Une volonté d’assoir sa présence en Afrique 

Si le rachat de MultiChoice avait été acté, cela aura permis à la filiale du groupe Vivendi de renforcer sa présence sur le continent où elle est implantée dans 25 pays d’Afrique francophone, dont le Cameroun. « Je dis toujours aux gens en France, en Europe, que l’avenir de Canal+ c’est l’Afrique. Et je crois que l’avenir du monde, c’est l’Afrique, et surtout dans notre secteur d’activité.», s’exprimait Maxime Saada, Président directeur général du groupe Canal+., qui intervenait sur CNBC Africa. L’objectif recherché derrière cette expansion est de « surfer sur la croissance toujours importante des abonnements aux services de télévision à péage, le plus souvent via satellite », affirme le journal français les Echos.

Ainsi dit, si le rachat de MultiChoice par Canal+ avait été validé, on aurait assisté à la naissance d’un géant sur le continent. Ce qui aurait de facto impliqué une reconfiguration du marché de la télévision payante. Ceci dans le but de contrecarrer l’expansion du chinois Startimes, 3e opérateur implanté dans ce secteur d’activité, avec plus de 30 filiales africaines parmi lesquelles le Cameroun.

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Outre la reconfiguration du secteur, on aurait assisté à une envolée des abonnés de Canal sur le continent. En effet, l’opérateur sud-africain MultiChoice présent dans plus de 50 pays d’Afrique anglophone et lusophone a à son compteur près de 22,1 millions d’abonnés à fin septembre 2022. Si on les combine avec les 8 millions d’abonnés de Canal+, la filiale de Vivendi compterait à elle seule une trentaine de milliers d’abonnés en Afrique.

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