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Message à la jeunesse:Paul Biya encourage les jeunes à se lancer en politique

Outre cette invite à s’investir dans la gouvernance locale, le président de la République a abordé les questions d’emploi et de violence par les jeunes.

Un quart d’heure. C’est le temps qu’aura pris le président de la République pour s’adresser à la jeunesse camerounaise, comme de coutume, le 10 février, veille de la fête qui lui est consacrée. Et d’entrée de jeu, Paul Biya a invité les jeunes du pays, dans leur globalité, à s’investir dans le processus de décentralisation en cours.

Précisant les raisons de cette invite, le chef de l’Etat a rappelé aux jeunes : « vous serez la première jeune génération à bénéficier des opportunités qui vont se présenter à ceux qui voudront s’investir dans la gouvernance locale. Et je vous engage vivement à le faire ». Et Paul Biya d’expliquer que « le nouveau processus de décentralisation a valeur d’exemple. Il apporte la preuve que les problèmes liés à l’évolution de notre société peuvent se régler par la concertation sans recourir à le violence ».

Dans son discours, le président camerounais a, au préalable, rappelé que le Grand Dialogue National (GDN) organisé entre septembre et octobre 2019 avait ouvert la voie à l’adoption, par le Parlement, du Code général des Collectivités territoriales décentralisées et d’une loi assurant l’égalité de l’usage du français et de l’anglais.

« Ces textes ont été promulgués par mes soins dans les meilleurs délais. Rien ne s’oppose donc plus à leur application », a souligné Paul Biya. Avant d’ajouter, pour soutenir son appel à l’implication des jeunes : « il s’agit en réalité d’une véritable révolution pacifique qui répond aux aspirations de nos concitoyens à une meilleure participation à la gestion des affaires locales ».

Education, emploi…

Le président a aussi annoncé que le gouvernement va poursuivre les efforts en faveur des jeunes, en mettant un accent sur l’amélioration du système éducatif du Cameroun. Il s’appuie sur le fait que des jeunes qui ont reçu une bonne éducation et une bonne formation ont plus de chances d’avoir accès à des emplois décents. Paul Biya reconnait tout de même qu’il y a une inadéquation entre l’offre et la demande, et se satisfait cependant que « 500 000 emplois ont été créés dans le secteur moderne de notre économie » en 2019.

Le chef de l’Etat a aussi saisi cette occasion pour évoquer le meurtre d’un enseignant survenu récemment à Yaoundé et appeler à la vigilance accrue des parents, tout en appelant les jeunes à méditer ce qui s’est passé, à en mesurer les conséquences et à s’engager à ne plus poser de tels actes. Il a enfin demandé au gouvernement d’accentuer la lutte contre la consommation de drogue par les jeunes, à travers le Plan national de lutte contre la consommation de la drogue.

 

Emplois : Le gouvernement doit faire plus !

«On peut toutefois se réjouir de ce que, selon les statistiques, un peu plus de 500 000 emplois ont été créés l’an dernier dans le secteur moderne de notre économie». Ces propos du président de la République, Paul Biya, peuvent paraitre comme un des points de satisfaction de l’année 2019.

Mais, le décryptage de l’adresse du chef de l’Etat à la jeunesse camerounaise, ce 10 février 2020, montre bien qu’il n’y a pas matière à se gargariser puisque le problème de l’emploi reste préoccupant, surtout s’agissant des jeunes camerounais. Et Paul Biya le dit lui-même : « il n’y a pas en effet, pour le moment, adéquation entre la demande et l’offre d’emplois ».

L’Etat et le ministère de l’Emploi et de la Formation profession font tout ce qu’ils peuvent pour apporter des réponses par des recrutements dans la Fonction publique et l’armée, et aussi par la mise en œuvre de différents programmes d’aide à l’emploi. « Mais, il faut bien reconnaître que ces efforts, même s’ils sont appréciables, ne sont pas de nature à régler un problème qui tient au fait que notre économie ne crée pas suffisamment d’emplois », relève Paul Biya.

Le chef de l’Etat ne s’empêche cependant pas de donner une mission lourde à la jeunesse camerounaise, pour les décennies à venir. Partant du constat selon lequel la situation économique du pays est la résultante des différentes crises produits au cours des deux dernières décennies, Paul Biya invite les jeunes à intégrer la politique de développement « qui vise à moderniser notre agriculture, à stimuler notre industrialisation, notamment en transformant nos matières premières agricoles et minérales, et à développer le numérique ».

Cela devrait permettre, d’après lui, de faire baisser les importations du Cameroun, augmenter ses exportations et créer de nouveaux bassins d’emplois, indique en substance le chef de l’Etat. Qui conclut, à propos de ce sujet : « C’est à vous, mes chers jeunes compatriotes, que reviendra cette tâche exaltante au cours des prochaines décennies ».

 

Plan triennal Spécial Jeunes : plus de 90 milliards de FCFA toujours inutilisés

102 milliards de FCFA. C’est le montant de l’enveloppe mise à la disposition des jeunes ayant entre 15 et 35 ans par le président de la République, Paul Biya en février 2016 pour les sortir du chômage. Ceci à travers le Plan triennal Spécial Jeunes (PTS-Jeunes). Moins d’un an avant l’échéance, un peu plus de 90 milliards de FCFA dorment dans les caisses de l’Observatoire national de la Jeunesse (ONJ). Les deux cuvées déjà livrées ont bénéficié d’un total de 6,835 milliards de FCFA.

A l’occasion de la session parlementaire de Juin 2019, le ministre de la Jeunesse, Mounouna Fotsou a esquissé le bilan du Plan Spécial-Jeunes. Selon lui, l’ensemble des projets présentés par la première cuvée en 2018, ont été financés à 3,317 milliards de FCFA. Concernant la deuxième cuvée, le comité de suivi de la mise en œuvre du PTS-Jeunes s’est prononcé sur la recevabilité de 847 projets dont la mise en œuvre nécessitait 3,517 milliards de FCFA.

Dans le même temps, « il ressort que plus de 780 000 jeunes sont inscrits à l’Observatoire national de la jeunesse dont 51,06 % d’entre eux sollicitent un financement de leurs projets d’auto-emploi ou d’entreprise dans les domaines que sont l’agriculture, l’économie numérique, l’industrie et l’innovation. Environ 2 000 jeunes inscrits sont de la diaspora. Près de 22 000 jeunes inscrits ont été référencés à différents guichets de financement et d’accompagnement », a affirmé Mounouna Fotsou.

Le membre du gouvernement a ajouté que, plus de 32 000 plans d’affaires des projets de jeunes ont été reçus dans les 10 régions du pays. Parmi ces porteurs d’idées de projets, 33,70 % sollicitent l’agriculture au sens large, 28,84 % l’industrie, 22,85 % l’économie numérique, 10,48 % l’innovation, et 4,4 % d’autres secteurs non répertoriés dans ces domaines de concentration.

A son lancement en janvier 2017, 38 projets ont été financés. Ensuite plus de 2 000 autres ont été validés et financés ; 1 685 restent en attente de finalisation et 32 000 autres ont été reçus dans les délégations du ministère de la Jeunesse et de l’Education civique.

Mais au moment où l’on prépare la nouvelle vague de financement (Phase III), Ie Minjec tient à corriger les imperfections enregistrées. Notamment le décalage entre certaines priorités des jeunes et courant global de l’économie locale et même nationale. Tout comme la faiblesse des plans d’affaires. Ceux-ci n’indiquant pas clairement le marché, les bases sur lesquelles l’analyse financière a été faite.

En rappel, le Plan triennal « Spécial-Jeunes » devrait favoriser l’insertion socio-économique de 1,5 million de jeunes à raison de 500 000 chaque année. Ce plan privilégie les couches vulnérables et les personnes à fort potentiel entrepreneurial. A date 720 000 jeunes devraient s’inscrire à l’Observatoire national de la Jeunesse pour bénéficier des financements.

 

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