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Métaux critiques : le Tchad verrouille l’exportation de l’antimoine pour accroître les recettes publiques

Jusqu’ici peu documentée dans les recettes publiques, la filière antimoine fait l’objet d’un encadrement renforcé au Tchad, avec nouvelle taxation, paiement numérique obligatoire et point unique d’exportation.

Publiée mercredi 18 février 2026 à 16:55:44Modifiée mercredi 18 février 2026 à 16:55:46Temps de lecture 3 minPar Albert AMOUGOU

Aperçue d'antimoine du Tchad

Au Tchad, un arrêté signé le 17 février 2026 par le ministre des Finances, Tahir Hamid Nguilin, impose de nouvelles conditions pour l’exportation de l’antimoine. « L’exportation de l’antimoine et des substances minières transformées et non transformées est soumise au paiement de la redevance statistique de 2 % de leur valeur imposable », précise l’article premier du texte.

Dans le jargon douanier, cette redevance statistique constitue un prélèvement obligatoire calculé sur la valeur imposable du minerai à la sortie du territoire. Au-delà du financement des services douaniers, elle vise la traçabilité des volumes exportés et le contrôle de cette ressource critique.

À cette taxe s’ajoute la redevance minière de 12,5 %, déjà existante mais désormais digitalisée. L’arrêté indique que le paiement, auparavant effectué en espèces auprès des brigades minières chargées du contrôle, devra désormais passer par la plateforme numérique E-tax.

Lire aussi : Tchad : l’État reprend la gestion des licences minières sensibles

N’Djamena désigne par ailleurs un seul point de sortie autorisé : le bureau des douanes de Ngueli, à la frontière avec le Cameroun. « Toutefois, sur demande écrite, une exception ponctuelle de sortie via un autre bureau des douanes peut être autorisée par écrit par le Directeur général des Douanes et Droits indirects », précise le texte. La mesure complète une instruction du ministère des Mines visant à encadrer l’exploitation et la commercialisation des substances critiques, notamment le rhodium et l’antimoine.

À ce jour, aucune donnée officielle accessible ne détaille la production annuelle, les sites exploités, les opérateurs ni les volumes exportés de ce minerai. La décision intervient trois semaines après la reprise par l’État de la gestion des licences minières sensibles, dont le l’antimoine et le rhodium, auparavant suivies par la Société nationale des mines (Sonemic), avec obligation de validation par le cabinet du ministre des Mines.

Selon la Banque mondiale et le BRGM, cités par le rapport ITIE 2023, le Tchad dispose d’un potentiel en minerais critiques encore sous-exploré dans les massifs du Tibesti, du Mayo-Kebbi et plusieurs bassins sédimentaires. Le renforcement du contrôle fiscal et administratif sur l’antimoine et le rhodium vise à structurer une filière génératrice de recettes publiques dans un contexte de volatilité des revenus pétroliers.

Lire aussi : Tchad : plus de 15 tonnes d’or exportés illégalement vers les les Émirats arabes unis (ITIE)

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