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Moody’s craint une nouvelle dévaluation du franc CFA

Selon l’agence de notation américaine, réviser les accords monétaires avec la France serait préjudiciable aux économies de la Cemac.

La décision prise par les chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), le 22 novembre 2019 à Yaoundé, de revisiter les accords de coopération monétaire avec la France, notamment une réforme en profondeur du franc CFA, pourrait être très lourde de conséquences pour les économies de la sous-région. Dans un document publié le 26 novembre dernier, l’agence américaine de notation financière Moody’s fait savoir qu’une « modification du régime monétaire actuel pourrait entraîner une dévaluation de la monnaie et causerait beaucoup de perturbations ».

À court terme, indique-t-elle, une dépréciation de la monnaie perturberait et réduirait la soutenabilité de la dette extérieure. Tandis qu’à  long terme, l’effet d’un nouveau régime, avec ou sans dévaluation de la monnaie, reste incertain et dépendrait de la capacité des autorités à abaisser le taux de change réel pour accroître la compétitivité.

Il ressort de la note de Moody’s que la CEMAC est dans une posture défavorable pour renégocier une évolution du régime monétaire actuel. Les analystes estiment même que, pour le moment, la sous-région aura encore besoin de la garantie de la France pour rassurer les investisseurs étrangers de la stabilité de sa monnaie. Ils ajoutent même qu’une révision des accords monétaires rallongerait les défis des Etats membres de la CEMAC au moment où ils sont confrontés à des risques externes croissants.

La production des devises dans cette sous-région dépend à 74 % de la vente de pétrole brut. Or, les volumes de production (-14 % entre 2008 et 2018) et les prix sont en baisse.  « Une augmentation plus importante des exportations non pétrolières nécessiterait la mise en place d’un secteur manufacturier robuste, axé sur l’exportation ; ce qui, à notre avis, ne se concrétisera probablement pas à moyen terme, en raison de la faible compétitivité de la région et de la capacité limitée des autorités à concevoir et mettre en œuvre des politiques économiques globales qui soutiendraient les efforts de diversification », explique Moody’s.

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