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Nextel, victime de sa crise interne

Le 3ème opérateur du secteur de la téléphonie mobile du pays payerait un lourd tribut de la bataille que se livrent depuis plusieurs mois ses actionnaires, pour le contrôle de cette entreprise.

Les causes des difficultés que connaissent les opérateurs du secteur de la téléphonie mobile au Cameroun ne sont donc pas qu’exogènes. Certaines se recrutent dans le fonctionnement interne de certains d’entre eux. C’est le cas par exemple de Nexttel, dont les mauvais résultats, seraient la conséquence directe de la bataille que se livrent depuis plusieurs mois les actionnaires de cette compagnie de téléphonie mobile, pour le contrôle de l’entreprise. Filiale africaine la plus rentable du groupe vietnamien Viettel Global dès 2016, soit seulement 2 ans après le lancement de ses activités, Nexttel (5 millions d’abonnés officiellement) connaît un déclin de ses performances. Ceci depuis que Baba Danpullo, l’actionnaire camerounais, et ses partenaires vietnamiens de Viettel Global s’étripent devant les tribunaux et les autorités locales, pour prendre le contrôle exclusif de cet opérateur du mobile pourtant prometteur. En effet, la filiale et la maison-mère de cette entreprise sont en disgrâce du fait d’une volonté d’émancipation de Viettel Cameroun, avec notamment son refus d’une certaine « vietnamisation » de ses cadres. Tout commence par une fin de non-recevoir du président du conseil d’administration de Viettel Cameroun, Baba Danpullo, opposé à la tentative de recrutement de 500 autres cadres vietnamiens au Cameroun en plus des 120 cadres qui y exercent déjà au Cameroun.

L’on s’insurge contre le fait que Viettel Global Investment ne soit pas dans la lignée des entreprises étrangères évoluant dans le même secteur d’activité de la téléphonie mobile, à l’instar de Mtn et Orange qui ont confié le management des démembrements de leur entreprise « mère », à 95% des cadres nationaux. L’on reproche aussi à Viettel Global Investment de prétendre que les Camerounais occupent 85% des emplois au sein de la société. Autre grief porté contre Viettel Global Investment, le fait de vouloir imposer le vietnamien comme langue de travail au sein de la société Viettel Cameroun SA. « Dans leur esprit de coloniser les Camerounais, les vietnamiens continuent de tenir des réunions en vietnamien. Fait grave, même des documents sensibles et hautement stratégiques de l’entreprise sont tenus en cette langue », dixit un employé. Pourtant, la maison-mère rassurait en indiquant que Viettel Cameroun S.A. s’engage à œuvrer pour les intérêts du peuple camerounais, en s’opposant à tout effort visant à compromettre le partenariat, à sous-estimer l’investissement engagé et à nuire à sa réputation.

Depuis lors, la médiation du Premier ministre, Joseph Dion Ngute est sollicitée. Surtout qu’avec 70 % des parts dans Nexttel, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 71,8 milliards de F CFA  Viettel accuse Baba Ahmadou Danpullo, détenteur de 30 % des parts à travers Bestcam, de faire main basse sur les plus de 210 milliards de FCFA investis par les Vietnamiens dans cette coentreprise. D’autant que l’homme d’affaires Camerounais n’a pas chômé. Après avoir accusé son partenaire de ne pas avoir opéré le transfert de compétences au profit du personnel camerounais, Danpullo a conclu en juillet 2018 un accord d’assistance technique avec l’israélien Gilat Telecom en vue remplacer les techniciens asiatiques.

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