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Notation financière : Fitch ratings maintient le "B-" de UBA Cameroon assortie d’une perspective "stable"

A en croire l’agence de notation américaine, le portefeuille de titres de UBA Cameroon est très concentré (50 % à fin juin 2024) et composé d'instruments de dette publique contractée par les Etats de la Cemac faiblement notés, ce qui expose la qualité des actifs de la banque à une défaillance souveraine, avec un risque de perte de valeur pour les créanciers. Malgré ses performances financières positives, cette situation constitue à long terme une faiblesse pour UBA Cameroon

Publiée samedi 7 décembre 2024 à 10:16:15Modifiée samedi 7 décembre 2024 à 10:16:18Temps de lecture 4 minPar Mairamou Abdou

Dans une annonce légale publiée à fin novembre 2024, l’agence de notation Fitch Ratings reconduit la note "B-" de UBA Cameroon, filiale locale de la holding bancaire nigériane United Bank for Africa. Cette note assortie d’une perspective stable indique une faible probabilité de changement de la notation du banquier à court ou moyen terme. En effet, la note de Fitch reflète une certaine solidité de la banque soutenue par le potentiel de la banque mère. « UBA Cameroon est la deuxième plus grande filiale d'UBA, représentant environ 7 % de ses actifs consolidés à la fin du 1er semestre 2024, et est la plus grande contributrice au revenu net d'UBA (9 % au 1er S 2024) en dehors du Nigeria, » rapporte l’agence américaine.

Lire aussi : Notation Financière : Fitch reconduit la note "B-" de UBA Cameroon assortie d’une perspective "Stable"

Cependant, UBA dispose au Cameroun d'une « franchise modérée », avec un « pouvoir de tarification inférieur » à celui des grandes banques. Ce qui, selon Fitch Ratings, limite son champ d’opportunités. La conséquence de cet état de chose est que la banque concentre une grande partie de son activité sur le secteur public perçue comme moins risquée et très rentable.

Risque de concentration élevé

A la fin du 1er semestre 2024, 31 % de son total des actifs est concentré aux prêts. L'exposition au secteur du pétrole et du gaz (considéré par Fitch comme risqué) représentait 40 % des prêts bruts à fin juin 24 et les 20 plus grandes expositions représentaient 73 % des prêts bruts à cette date, « ce qui rend la banque très vulnérable aux risques événementiels ». Cette situation est aggravée par une forte exposition aux titres souverains émis par des États faiblement notés de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) qui représentaient 50 % du total des actifs à fin juin 2024. Le portefeuille de titres de UBA Cameroon est très concentré et composé d'instruments de dette publique de la Cemac « mal notés », ce qui expose la qualité des actifs de la banque à une défaillance souveraine, avec un risque de perte de valeur pour les créanciers. Conclusion de l’agence américaine : « La qualité des actifs d'UBA Cameroon sont très volatiles en raison de la concentration de son portefeuille de prêts ». Ce qui, a en croire Fitch, constitue une faiblesse pour UBA Cameroon malgré ses performances financières positives.

Lire aussi : L’agence de notation financière Fitch attribue la note «B-» à UBA Cameroun

En conclusion, tout défaut de paiement obligerait la banque à disposer d’une marge de manœuvre limitée au-dessus des exigences réglementaires minimales en matière de capital ce qui conduirait l’agence à rétrograder au niveau inférieur. Par contre, une exposition moindre aux souverains à haut risque et une mise à niveau de la maison mère devraient conduire à une action contraire de l’agence.

Le cas de UBA Cameroon est en réalité celui de tout le secteur bancaire camerounais et même de la Cemac qui prêtent facilement à l’État qu’aux entreprises privées et fait preuve d’un dynamisme particulier sur le marché des titres publics. Dans un rapport paru le 13 novembre 2023, le FMI juge “excessive” l'exposition des banques de la Cemac sur les États. Afin de réduire cette exposition, l’institution de Bretton Woods recommande à la Cobac, le gendarme du secteur bancaire, d'appliquer progressivement les limites de concentration, de pousser les banques à mettre en œuvre une gestion prudente des risques en interne et de s'éloigner “de manière plus systématique” de la pondération de risque zéro sur les expositions souveraines.

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