S&P Global Ratings a abaissé, le 18 novembre dernier, la note d’Ecobank Nigeria (ENG) à “CC”, perspective négative, contre “CCC-” précédemment. Située tout en bas de la catégorie « spéculative », à seulement trois crans du défaut, cette notation traduit un risque très élevé de non-remboursement. L’agence britannique estime désormais que la filiale nigériane d’Ecobank Transnational Inc. (ETI) présente une probabilité accrue de défaut sur son euro-obligation de 150 millions de dollars arrivant à échéance en février 2026.
Dans son communiqué, S&P souligne que la banque reste en infraction avec les exigences minimales de fonds propres et n’a pas reçu l’injection de capital de 50 millions de dollars que devait lui apporter ETI pour rétablir sa conformité réglementaire. « Nous estimons désormais plus probable qu'ENG se restructure ou fasse défaut sur son euro-obligation arrivant à échéance en février 2026, ou que les autorités de régulation interviennent à l'expiration de la période de tolérance réglementaire en mars 2026, limitant ainsi sa capacité à honorer ses obligations », indique l’agence.
S&P relève en outre que les créances douteuses représentent 69 % du portefeuille de la banque au 30 septembre 2025, un niveau exceptionnellement élevé qui pèse sur sa liquidité. Son ratio de fonds propres, tombé à 7,9 % au 30 juin, reste également nettement inférieur au minimum réglementaire de 10 %.
Face à cette dégradation, ETI a rapidement réagi pour tenter de rassurer les investisseurs. Dans un communiqué publié le 24 novembre, la société mère a confirmé qu’Ecobank Nigeria dispose déjà, et prévoit de continuer à disposer, des ressources nécessaires pour rembourser intégralement les 150 millions de dollars dus en février 2026. ETI rappelle qu’en juillet 2025, la filiale avait déjà racheté 50 % de son eurobond de 300 millions de dollars grâce à sa propre trésorerie, réduisant d’autant le risque de refinancement. Le groupe met en avant l’amélioration récente de la liquidité de la filiale, portée par une meilleure performance opérationnelle, l’augmentation des remboursements de prêts et un environnement macroéconomique plus favorable.
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S&P a, elle, prévenu qu’un défaut entraînerait une dégradation supplémentaire. À l’inverse, une recapitalisation pourrait permettre une amélioration de la note.

