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Notation : le Congo s’appuie sur Rothschild & Co pour sortir de la zone des émetteurs à haut risque

Engagée dans une stratégie de redressement de sa crédibilité financière, la République du Congo fait appel à Rothschild & Co pour améliorer sa notation souveraine. Une initiative qui intervient dans un contexte de fortes contraintes budgétaires et de dépendance persistante aux hydrocarbures.

Publiée mardi 21 avril 2026 à 17:24:38Modifiée mercredi 22 avril 2026 à 16:07:17Temps de lecture 4 minPar Arthur WANDJI

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Le Congo mandate Rothschild & Co pour améliorer sa notation de crédit souveraine

La République du Congo a mandaté Rothschild & Co (une holding contrôlée par les branches française et anglaise de la famille Rothschild) pour améliorer sa notation de crédit souverain, actuellement maintenue en catégorie hautement spéculative par les agences internationales. Selon Africa Business+, cette décision s’inscrit dans une stratégie de repositionnement financier visant à restaurer la crédibilité du pays sur les marchés, dans un contexte marqué par de fortes vulnérabilités structurelles, notamment liées à la dette publique et à la dépendance persistante aux revenus pétroliers.

La dernière évaluation de S&P Global Ratings, publiée le 30 janvier 2026, reflète cette situation ambivalente. Si l’agence a confirmé la note « CCC+/C » avec perspective stable, elle souligne également les fragilités persistantes du profil de crédit du pays. Le retour du Congo sur les marchés internationaux, avec une émission obligataire de 930 millions de dollars (environ 519,3 milliards FCFA) fin 2025 — une première en dix-huit ans — a permis de réduire les risques de refinancement à court terme, en comblant partiellement le vide laissé par la fin du programme avec le FMI. Mais cette opération s’est faite à un coût élevé, avec un rendement supérieur à 13%, traduisant la perception de risque élevée des investisseurs.

Lire aussi : Eurobonds, CBC Bank, Bdeac… Qui est Stéphane Charbit, le monsieur Afrique de Rothschild & Co

Sur le plan de l’endettement, les indicateurs montrent une amélioration relative, mais encore insuffisante. La dette publique est passée de plus de 80% du PIB en 2024 à 74,1% fin 2025, soit un encours de 7 229,63 milliards FCFA, contre 7 414,78 milliards FCFA un an plus tôt. Cette décrue, soutenue par une légère reprise de la croissance, ne permet toutefois pas de repasser sous le seuil communautaire de 70% du PIB fixé par la CEMAC. Surtout, la structure de la dette demeure préoccupante : près de 60% de l’encours est domestique, majoritairement constitué de titres à court terme, coûteux et concentrés dans un système bancaire peu profond. Le service de la dette absorbe ainsi plus de 10% du PIB et près de la moitié des recettes fiscales, limitant fortement les marges de manœuvre budgétaires.

Fragilités persistances

À ces tensions s’ajoutent des fragilités persistantes en matière de discipline budgétaire et de gestion des engagements. Malgré des réformes engagées, le Congo continue d’accumuler des arriérés représentant environ 9% de l’encours total de la dette, révélateurs de contraintes de liquidité et d’une culture de remboursement encore jugée insuffisante par les agences. Dans ce contexte, l’appui du Fonds monétaire international apparaît crucial. Après un programme de 430 millions de dollars arrivé à échéance en 2025, Brazzaville a officiellement sollicité un nouvel accord, jugé « indispensable » par Fitch, dans un environnement où les marchés régionaux offrent peu de marges de financement.

Lire aussi : Fitch maintient le Congo en catégorie spéculative malgré le répit offert par les eurobonds

Ainsi, au-delà de la gestion de la dette, l’amélioration de la notation souveraine passera par une transformation plus profonde du modèle économique. Les autorités congolaises affichent leur volonté de réduire la dépendance aux hydrocarbures et de stimuler un secteur privé compétitif, dans un contexte où le déficit primaire hors pétrole s’est creusé à 8,7% du PIB hors hydrocarbures en 2025. Pour Rothschild & Co, dont l’expertise couvre le conseil financier et la structuration de dette, le défi devrait consister à accompagner le pays dans la consolidation de ses fondamentaux macroéconomiques, condition indispensable pour espérer sortir durablement de la catégorie des émetteurs à haut risque.

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