Au Cameroun, le gouvernement a annoncé, le 9 février, le durcissement des règles dans l’exploitation artisanale de l’or. Selon un communiqué du ministère des mines, à l’issue d’échanges le 21 janvier 2026 entre le ministre, la societe nationale des mines (Sonamines) et les opérateurs, cinq mesures ont été actées, à savoir : le retrait d’autorisations, fermeture de sites, obligation de système en vase clos, études de faisabilité et contrôle administratif renforcé. L’État indique que le délai de quinze jours donnés aux opérateurs pour payer la caution de remise en état et signer les cahiers de charges étant dépassé, « le ministère procédera à compter du 20 février 2026 au retrait des autorisations accordées (…) et à la fermeture des sites des opérateurs concernés ».
Cette caution s’élève à 3 millions de FCFA par hectares selon le Code minier de 2023 en vigueur.
Bien que le nombre exact d’opérateurs concernés n’ait pas été indiqué, cette mesure survient plus d’un mois après que Yaoundé a menacé de fermer plusieurs sites artisanaux en janvier, à la suite de la révélation par l’ITIE, de l’exportation illégale de 15 tonnes d’or vers les Émirats arabes unis, contre seulement 22 kg légalement enregistrés. Autrement dit, la quasi-totalité de la production échappe au circuit formel. Dans le détail, la mesure prévoit un délai de trois mois pour installer un système en vase clos ou contracter avec un opérateur équipé, l’obligation d’une étude de faisabilité avant toute autorisation et la perception à la source d’un impôt synthétique de 25 % et d’une taxe à l’exportation de 5 %.
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En clair, la réforme vise la traçabilité et la collecte fiscale. Les autorités indiquent avoir déjà canalisé environ 1 500 kg d’or au Trésor public ces dernières années, contre 37 kg entre l’indépendance et les années 2000, et évoquent un futur partenariat privé pour canaliser la production à partir des sites.
Cependant, selon des analyses d’experts du secteur minier, la circulation de l’or artisanal dépend des conditions d’achat : paiement immédiat, prix plus élevé, procédure simple et faible contrainte administrative. En l’absence de ces paramètres dans le circuit officiel, les flux se dirigent vers d’autres marchés.
Rappelons que le retrait d’orpailleurs des sites miniers au Cameroun avait déjà été revendiqué en septembre par la junior Britannique Oriole Resourses sur ses permis Mbe et Bibemi dans l’Adamaoua. En octobre 2025, le gouvernement a inspecté plus de 100 sites artisanaux dans la région de l’Est et la partie septentrionale du pays.
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