Dans le cadre de l’exécution du budget 2026, la circulaire du 31 décembre 2025 marque une étape significative dans la gestion des ressources stratégiques du Cameroun. Selon ses dispositions, la conservation du stock d’or souverain du pays est désormais confiée à la Caisse des dépôts et consignations (CDEC), investie du rôle de véritable coffre-fort de la nation. « La conservation du stock d’or souverain du Cameroun est désormais confiée à la Caisse des dépôts et consignations », précise la circulaire.
En tant qu’institution publique spécialisée dans la gestion des fonds et des valeurs, la CDEC devient ainsi le dépositaire exclusif de cette réserve stratégique.
La constitution d’un stock d’or souverain vise à maximiser la contribution des ressources naturelles au développement national, tout en protégeant l’économie contre les fluctuations des marchés internationaux. En centralisant la conservation de ce stock, la CDEC devient l’un des pivots de la gestion de la fortune publique. L’institution est notamment appelée à garantir une gestion rigoureuse, ainsi que la transparence et la traçabilité des opérations liées à l’or souverain dans des conditions optimales.
Collecte et fiscalité minière.
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Parallèlement à la conservation, l’État clarifie les mécanismes de captation de la ressource aurifère. La circulaire précise ainsi que la Société nationale des mines (SONAMINES) est mandatée à titre exclusif pour collecter, au nom de l’État, l’Impôt Synthétique Minier Libératoire (ISML) ainsi que le droit de sortie.
Cette mesure vise à renforcer la sécurité et la transparence dans la gestion des ressources minières, en limitant les failles de contrôle observées par le passé. Selon une source proche du dossier, ces dispositions interviennent dans un contexte marqué par un scandale lié aux exportations illégales d’or du Cameroun. Elles visent ainsi à renforcer la transparence et la sécurité dans la gestion des ressources minières en général, et de l’or en particulier, considéré comme une richesse stratégique pour le pays.
La découverte de la sortie illégale de 15 tonnes d’or hors du territoire national a en effet mis en lumière des défaillances critiques dans le système de contrôle. La réforme actuelle répond à la promesse des autorités de renforcer les mécanismes de supervision. Au-delà de l’enjeu national, ces décisions s’inscrivent également dans la dynamique impulsée par les chefs d’État de la CEMAC lors du sommet de Bangui en septembre 2025, consacré notamment à l’amélioration de la gouvernance des ressources publiques et au renforcement du cadre macroéconomique sous-régional.
Un potentiel aurifère important
Le Cameroun dispose de gisements aurifères significatifs, ce qui justifie cette nouvelle rigueur dans la gestion de ses ressources. Dans la région de l’Adamaoua, notamment à Mbé, la junior britannique Oriole Resources a certifié la découverte d’un gisement contenant 24,8 millions de tonnes de ressources aurifères. Les estimations officielles évoquent par ailleurs 20 millions de tonnes de minerai aurifère à Bétaré-Oya, dans la région de l’Est. De son côté, la mine de Colomine à Ngoura annonce une production annuelle estimée à 20 000 onces d’or (environ 622 kg), susceptible de générer près de 35 milliards FCFA de recettes par an. Au-delà de ces perspectives, la SONAMINES indique avoir collecté 640 kg d’or pour le compte de l’État en 2024.
En 2023, selon le gouvernement, les opérations d’affinage du stock d’or détenu par le Trésor public — initialement collecté par l’ex-Capam à hauteur de 778,04 kg — ont permis d’obtenir 500 lingots d’or de 24 carats, pour une masse totale de 500,86 kg. Ce stock sera désormais transféré à la CDEC, sous la supervision directe du ministère des Finances, qui veillera à ce que la CDEC et la SONAMINES opèrent conformément aux normes de transparence en vigueur afin d’assurer la préservation durable de cette richesse stratégique.
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