La ville de Yaoundé ploie de nouveau sous le poids des immondices, l'insalubrité regagnant du terrain dans la majorité des quartiers des sept arrondissements. Lors d’un point de presse diffusé sur la télévision publique (CRTV) le 26janvier, la ministre de l’Habitat et du développement urbain (Minhdu),Célestine Ketcha Courtès, a dressé un diagnostic sans appel.
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Selon elle, au-delà des stratégies opérationnelles, l’inefficacité du service découle principalement des difficultés financières des deux prestataires, Hysacam et Thychlof dont les arriérés de paiement cumulés s’élèvent à environ 13 milliards de FCFA.« C’est un métier qui emploie des milliers de Camerounais. Sans paiement, ou avec des versements partiels, les collaborateurs travaillent avec désinvolture et le parc automobile n’est plus entretenu, le résultat n’est pas celui attendu par le gouvernement », a martelé le membre du gouvernement, précisant que « les 6,5 milliards FCFA d’arriérés envers Hysacam au deuxième semestre 2025, ont été engagés et non encore payés. Les arriérés de Thychlof sont aussi élevés que ceux d’Hysacam ».
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Si la ministre reconnaît des efforts, elle souligne que les tensions budgétaires restent le « trou de la raquette » empêchant une gestion optimale. Sollicitée par la rédaction, l’entreprise Thychlof — entrée sur le marché en 2023 et détentrice d'un contrat de 16 milliards de FCFA pour les communes de Yaoundé 3et 6 depuis décembre 2025 — confirme subir les mêmes blocages financiers. De son côté, le leader historique Hysacam a choisi de ne pas s’exprimer sur la situation.
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La persistance de l’insalubrité à Yaoundé remet donc en question l’efficacité du colloque sur les états généraux de la gestion des déchets urbains tenu en 2025.Bien que ces travaux visaient à ''formuler des solutions durables via une approche participative et inclusive'', les recommandations restent, neuf mois plus tard, lettre morte. En matière de financement, les participants s'étaient pourtant accordés sur la création d’un Compte à dotation spécial dédié aux droits d’accises. Ce mécanisme devait permettre d’affecter directement les fonds collectés sans transiter par le Compte Unique du Trésor (CUT), dont les arbitrages privilégient souvent d'autres urgences.
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Par ailleurs, la ministre Célestine Ketcha Courtès avait elle-même suggéré de faire contribuer les ménages selon le principe pollueur-payeur, via notamment les factures d’eau ou d’électricité. Il y a quelques jours, le ministre de l’Administration territoriale (Minat) Paul Atanga Nji a, pour sa part, annoncé des mesures répressives. « Il est question de sensibiliser les populations…Les gens n’iront pas en prison parce qu’ils n’ont pas respecté la loi, mais il y aura des amendes. Vous jetez les ordures, on vous prend, vous payez ».
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De son côté, le Maire de la Ville, Luc Messi Atangana, martèle que le déficit de ressources reste le principal obstacle. Lors d’une intervention sur la télévision nationale le 18août 2025, il rappelait que son budget annuel pour la voirie et la salubrité n'est que de 36 milliards FCFA contre une moyenne de 70 milliards (seulement pour la gestion des déchets) dans d'autres métropoles africaines. Pour remplir efficacement ses missions, l'édile estime ses besoins réels à plus de 100 milliards FCFA.
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