En 2025, le taux d’inflation devrait se rapprocher de la norme Cemac (3%) pour s’établir à 4% selon les prévisions contenues à la fois dans la circulaire relative du chef de l’Etat relative à la préparation du budget 2025 et dans le document de programmation économique et budgétaire (Dpeb). A l'observation, ce taux d’inflation qui serait la meilleure performance enregistrée par le Cameroun depuis 2022, sera en baisse de 3% comparé à 7% prévu à fin décembre 2024.
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Si l’on peut apprécier par anticipation l’amélioration de cet indicateur macro-économique, certains éléments factuels laissent tout de même planer un climat d’incertitude sur l’atteinte des objectifs qui viennent d'être fixés. La première crainte est contenue dans la circulaire du président de la République. Le président de la République prescrit « la poursuite de la rationalisation de la dépense fiscale à travers notamment l’institution des taux réduits sur certains biens de grande nécessité ».
En d’autres termes, en 2008, plusieurs d’entre eux (poisson, riz, etc.) ont été quasiment déclarés exempts de toute taxe à l’entrée du pays. Quelques années plus tard, le gouvernement a institué un taux relativement nul. Sauf que dans un contexte de promotion d’import-substitution, le même gouvernement ne saurait continuer à encourager l’importation des produits issus d’autres pays au détriment de la production et de la consommation locale. Cependant, si une telle mesure participe de l’élargissement de l’assiette fiscale, elle pourrait avoir une incidence sur l’augmentation du coût de la vie dans la mesure où, le surplus devrait à coup sûr se répercuter sur le consommateur final. Cette hypothèse pourrait également se vérifier si les pouvoirs publics accusent un retard ou du moins, venaient à afficher une faible dynamique dans la réalisation du Plan intégré d’import substitution agropastoral et halieutique (Piisah) dont la mission est de produire en abondance afin d’importer de moins en moins. Il s’agit là l’un des grands risques aux projections budgétaires soulevés par le ministère des Finances.
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Suppression des subventions des carburants
Une autre inquiétude proviendrait des institutions Bretton Woods (qui sont les principaux prêteurs multilatéraux du Cameroun) dont les projections d’inflation se situent largement au-dessus de celles du gouvernement camerounais. La Banque mondiale dans son dernier rapport Africa’s Pulse datant d’octobre table sur un taux d’inflation de 4,7% au Cameroun en 2025. Pour sa part, le Fonds monétaire international (FMI) projette 5,5%. Dans le cadre du programme économique et financier en cours depuis 2021, ce même bailleur de fonds presse le gouvernement camerounais de supprimer définitivement la subvention du prix du carburant à la pompe. « Concernant l’ajustement des prix des carburants à la pompe, il faut dire que les autorités ont déjà fait une majorité d’ajustements. S’il y a un autre ajustement sur les prix à la pompe, il sera faible », a prévu Cemile Sancak, chef de mission du FMI au Cameroun.
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Dans tous les cas, bien qu’elle s’annonce minime, une nouvelle augmentation des prix du carburant entraînerait inéluctablement, la revalorisation des prix du transport avec pour corollaires, la flambée des prix des produits alimentaires sur le marché. Ceux-ci sont généralement à l’origine de l’aggravation de l’inflation à en croire l’Institut national de la statistique (INS), l’organisme en charge de l’élaboration des statistiques officielles. Du reste, la Banque africaine de développement (BAD) prévoit un taux d’inflation de 4,3% au Cameroun l’année prochaine.

