Le club des éditorialistes de EcoMatin

Par Xavier Messe
– L’arnaque

L’avènement de la « grande presse » en Europe au 19ème avait rendu tout le monde fou, avide de tout lire, de tout savoir et de tout commenter. Dans cette euphorie généralisée, les Italiens, adeptes du commérage, inventèrent « les menantis ». Dans cette presse, ses auteurs collaient l’oreille aux portes afin de savoir si une femme était bastionnée ou si elle avait gémi d’un orgasme débordant. Le sujet de l’article était tout trouvé !

Les « gazetiers » se faisaient du beau temps avec les faits divers, pendant que les « Nouvellistes » faisaient découvrir  à leurs lecteurs le monde entier.

Le temps a passé. En ce 21ème siècle naissant, nous nous retrouvons avec les mêmes besoins de tout lire, de tout savoir, de tout commenter. Les acteurs sont différents. Les outils aussi.

Tout cela était rendu possible grâce au papier devenu abondant, œuvre de Réaumur. Aux caractères nouveaux de Didot, multipliés en série par Mergenthaler. Le tout fut couronné par la rapidité des tirages emmenés par les « belles mécaniques » de Stanhope. Celles-ci venaient remplacer les vieilles protes en bois, conçues par l’ingénieux Gutenberg. Elles avaient pourtant dominé le paysage de l’imprimé pendant plus de 4 siècles.


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Ces soient disant journalistes qui sont à la fois arnaqueurs, maîtres chanteurs, leaders politiques, ne sont en fait que des escrocs à qui Internet donne l’opportunité d’être « importants ».

Le temps a passé. En ce 21ème siècle naissant, nous nous retrouvons avec les mêmes besoins de tout lire, de tout savoir, de tout commenter. Les acteurs sont différents. Les outils aussi. Internet a modifié les habitudes des grandes agences de presse, collectrices des informations vraies, vérifiées et authentiques. Cet outil donne aujourd’hui la possibilité à n’importe qui, d’écrire n’importe quoi et de publier ses informations au grand damne des règles et orthodoxie de la profession de journaliste. Dans cet environnement, trois types de diffuseurs de « l’information » sont nés : 

1- des journalistes professionnels. Ils travaillent dans des organes connus ayant pignon sur rue.

2- des conteurs d’histoires. Ils publient en vidéos des sujets parfois de leur imagination fertile.

3- des flibustiers braqueurs. Ils sont donneurs de leçons. Ils sont des maîtres chanteurs. Ils arnaquent, ils dénoncent. Ils sont nombreux  tapis en Occident surtout.  Ils sont également dans nos murs.


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Cette catégorie de personnes me préoccupe. Un journaliste qui veut faire dignement et honnêtement son travail, va sur le terrain. Il enquête, collecte ses informations et les publie dans les règles de l’art. Ces journalistes d’un genre nouveau se veulent aussi être des leaders d’opinion. Ils ne sont en réalité que des escrocs à qui Internet donne l’opportunité d’être « importants ».   Ils n’ont aucune trajectoire professionnelle visible. S’ils avaient existé à l’époque de Renaudot ou de Didot, les Menantis ne les auraient jamais rendus célèbres. Le Net leur donne une tribune certes, mais pas une gloire. Al Capone est toujours célèbre de nos jours, mais c’est une triste célébrité. C’est de ce type de célébrité qu’hériteront ces maîtres chanteurs.

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