Le club des éditorialistes de EcoMatin

Par Dieudonné MVOUIN*
– Les accords de partenariat economique (ape) vus sous le prisme de la grande coulisse mondiale

De nombreux pays sont entrés dans un processus d’intégration et d’ouverture générale à la communauté internationale. Ce processus s’appelle la mondialisation. Le concept de mondialisation est lié aux accords du GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) de 1947 et de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) de Janvier 1995. L’un des objectifs majeur de l’OMC est d’accroître le commerce mondial. Cette volonté se manifeste à travers les Accords de Partenariat Economique (APE), entre l’Union  Européenne(UE) et les pays – Afrique Caraïbes et Pacifique (ACP).

Cependant, de l’avis de nombreux observateurs, la promesse faite aux pays pauvres que les marchés du Nord s’ouvriront à leurs  exportations  se révèle être un marché de dupes. Selon une étude du Centre Africain de Politique Commerciale, les APE fragilisent le tissu productif local des pays moins avancés par le dumping sans pour autant améliorer l’accessibilité de leurs produits aux marchés extérieurs. Les exportateurs des pays industrialisés profitent de ces accords pour ouvrir les frontières et envahir les marchés locaux avec des produits subventionnés tout en bafouant les normes sanitaires et environnementales. En même temps, ils réussissent à maintenir des barrières non tarifaires pour protéger leurs marchés intérieurs.


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En dépit de ces effets néfastes sur les industries locales, les thuriféraires du libre-échange (Fond Monétaire Internationale, Banque Mondiale, Organisation Mondiale du Commerce et l’Union Européenne) soutiennent que l’application effective des APE est une aubaine pour les pays ACP.

Nos dirigeants n’ont parfois guère d’autres options que de se soumettre aux exigences de la communauté internationale. En  effet, le contenu et le style de la politique internationale sont influencés par les pays occidentaux qui ont acquis historiquement, une très grande domination politique et/ou économique sur les pays africains. En outre, selon Yann Moncomble, auteur de « les Secrets du Mondialisme », tous les Etats de ce siècle, même les plus développés  ne sont plus maîtres de leur destinée. Les nations souveraines sont réduites à un simulacre de représentation nationale par des organisations secrètes, des associations, des lobbies, des clubs, des mouvements et officines occultes, se réclamant du mondialisme qui ont en main les leviers économiques et monétaires et agissent dans l’ombre. Ces groupes élitistes, ultra puissants bien introduits dans les milieux les plus divers de la haute finance internationale, de la politique et de l’économie mondiale, sont des véritables tireurs de ficelles qui exercent une influence souvent considérable sur nos Chefs d’Etats et de gouvernement. C’est la Grande Coulisse Mondiale ou super classe invisible dont la Commission Trilatérale serait l’une des organisations la plus active et qui œuvre en faveur d’une gouvernance mondiale en procédant par étape.

C’est en1973 au Japon que ce think-tank (club de réflexion) fut crée par les partisans de la doctrine mondialiste du Groupe Bilderberg et du Council on Foreign Relations (CFR), dont les principaux dirigeants étaient David RockefellerHenry Kissinger et Zbigniew Brzezinski. C’est un club constitué de 300 à 400 personnalités les plus influentes du monde rassemblant des politiciens, hommes d’affaires, intellectuels, financiers, hommes de medias, tous originaires de l’Europe occidentale, d’Amérique du Nord et du Japon. Aujourd’hui,  le Groupe japonais s’est transformé en Groupe Asie-Pacifique, incluant la Chine et l’Inde, tandis que le Mexique a rejoint le Groupe Amérique du Nord. Quant au Groupe Europe, il continue d’augmenter avec l’élargissement de l’Union Européenne.


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Selon Pierre de Villemarest, un ancien des services de contre-espionnage Français, écrivain et journaliste, spécialiste des relations internationales, l’objectif initial de la Commission Trilatérale était d’une part, de promouvoir et construire une coopération politique et économique entre trois grands ensembles économiques dans le monde (Amérique du Nord, l’Europe et Japon)et d’autre part, de contrôler tout ce qui est  recherche, exploitation et répartition des matières premières dans le monde afin de constituer trois moteurs industriels: le moteur industriel panaméricain (Etats-Unis et Canada), le moteur industriel Japonais et enfin le moteur industriel paneuropéen incluant la Russie. Ces trois grands ensembles industriels  compteraient seulement 200 à 300 multinationales drainant derrière elles nos entreprises qui seraient des simple sous-traitants, et donc aux ordres. Le rôle des membres de la Commission Trilatérale à la tête des grands organismes internationaux tels l’ONU, le FMI, la Commission Européenne, la Banque Mondiale ou encore l’OMC est de mener à bien cette ambition.


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Fort de ce constat  les Accords de Partenariat Economique UE – ACP, vus sous le prisme de la Grande Coulisse Mondiale, font figure d’instruments de domination pour pérenniser la dépendance économique des pays pauvres et garantir les intérêts des multinationales des pays riches. Ces accords interpellent les secteurs public et privé des pays ACP à une  meilleure  collaboration hors des plates formes de dialogue définies par les institutions économiques mondiales afin de repenser  des stratégies plus efficaces pour la survie des industries locales.

Suite à la  mise en œuvre effective du démantèlement des protections douanières Camerounaises, nos entreprises seront dans l’obligation de baisser leurs  prix pour se maintenir sur le marché. Face à la puissance et l’efficacité industrielle européenne, il serait judicieux pour les industriels locaux de pratiquer activement la veille stratégique  sur le marché Européen et de rechercher des partenaires étrangers susceptibles d’être intéressés par la délocalisation de leurs opérations d’assemblage/ou unités de production à forte valeur ajoutée et dans lesquelles   les camerounais détiennent un savoir-faire.


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L’exemple du Maroc signataire de plusieurs accords de libre échange avec différents partenaires dont l’Union européenne devrait inspirer le gouvernement Camerounais. Depuis quelques années, ce pays s’est tourné vers ses partenaires du continent noir, notamment à travers une diplomatie plus active, des échanges économiques plus denses et le soutient aux champions nationaux pour la conquête du marché africain estimé à plus d’un milliard d’habitants avec une croissance moyenne de 5% selon les estimations du FMI.

˚INTELMA CONSULTING/ SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ECONOMIQUE

La Rédaction EcoMatin

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