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Parlement : les députés plaident pour la protection des enfants contre les violences au Cameroun

Le gouvernement, les partenaires au développement et les parlementaires tablent sur les moyens de mieux protéger les enfants au Cameroun. Focus sur les problèmes que rencontre cette catégorie sociale.

Les différentes crises sécuritaires que vit le Cameroun depuis quelques années sont à l’origine de nouvelles formes de violence faites sur les enfants. Ainsi, parmi les principales victimes des  attaques de la secte terroriste Boko haram dans le Bassin du Lac Tchad en général et dans la région de l’Extrême-Nord en particulier, l’on compte les enfants.  Au-delà du paramètre perte en vies humaines, figure celui de l’utilisation de ces derniers comme bombes humaines. Selon les données présentées par le Directeur des Programmes de l’organisme Plan International, 86 enfants ont été utilisés par les terroristes au cours des 3 dernières années. « Environ 38 enfants ont été utilisés pour perpétrer des attentats suicides dans la région du Lac Tchad depuis le début de l’année. Ce qui porte à 86 le nombre total d’enfants utilisés dans ce type d’attaque depuis à peu près 3 ans » assure Collins Sayang.

Au-delà de cet usage des enfants, l’assassinat de ces derniers est également à répertorier. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le nombre d’enfants décédés depuis le début de la crise anglophone est innombrable. L’on se rappelle encore de la tuerie d’une dizaine d’écoliers au complexe scolaire privé  « Mother Franscisca international Bilingual Academy »  par un groupe d’Ambaboys en octobre 2020.

Sévices

Outre l’usage des enfants comme bombes humaines, leur meurtre au cours des conflits  l’on compte également les sévices qu’ils subissent chaque jour. « De l’avis du Comité d’Experts du Droit et du Bien Etre de l’Enfant de l’Union africaine, la violence envers les enfants peut prendre plusieurs formes et peut se produire dans la sphère privée, à l’école, au sein des communautés ou à domicile. Elle peut revêtir la forme de châtiments corporel, de travail forcé ou nuisible, der traite, de pratiques traditionnelles, de mutilations génitales féminines, de mariages d’enfants, de tests de virginité, de repassage des seins, de tueries d’enfants dits sorciers, d’exploitations sexuelles etc » indique la ministre des Affaires sociales Pauline Irène Nguéné.

Les données sont là pour le prouver. Selon l’étude réalisée par le Minas et publiée dans le Bulletin d’informations statistiques et sociales (Biss), pour le compte du 4 trimestre de l’année 2020, les unités techniques opérationnelles de ce département ministériel ont assuré la prise en charge de : « 2478 enfants dont 1074 ayant subi des sévices corporels, 977 victimes d’exploitation économiques et 427 victimes de viol parmi lesquels 98 garçons ».

Réponses

La célébration de la journée de l’Enfant Africain ce 16 juin donne dès lors l’occasion aux acteurs concernés par la protection de l’Enfant de se pencher à nouveau sur ce sujet.  Les parlementaires, le gouvernement et les organismes internationaux notamment sont en travaux à la Chambre basse du Parlement. Une séance de travail qui se veut un plaidoyer en vue du renforcement du cadre légal de protection des enfants contre la violence. Un plaidoyer qui devrait être plus axé sur le volet opérationnel.  « Il y a plus de 13 départements ministériels qui sont chargés de protéger l’enfant. A notre niveau, nous avons déjà contribué à la ratification de tous les instruments juridiques pour la protection de l’Enfant sur le Plan légal. Maintenant sur le plan opérationnel, nous avons des dispositions pour sécuriser l’Enfant. Nous saisissons cette journée, la 31ème célébration de la journée de l’Enfant africain pour faire une évaluation, pour voir ce qui a été fait et quel est le chemin à parcourir » assure la Minas.

Les travaux de ces différents acteurs à la Chambre Basse du parlement devraient aboutir à des résolutions.

René Ombala  

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