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Performance de l’Etat : aucun objectif budgétaire atteint au 1er trimestre 2019

Selon la note de l’exécution budgétaire du ministère des Finances (Minfi), le Cameroun n’a pas pu mobiliser les ressources escomptées en termes de recettes fiscales, douanières, les emprunts et dons, dépenses courantes, d’investissements, etc.

En analysant l’exécution budgétaire du Cameroun publié par le ministère des Finances (Minfi) au premier trimestre 2019, l’on se rend compte que l’Etat n’a atteint aucun des objectifs qu’il s’était fixé. Dans le détail, l’on a les recettes non pétrolières comprenant les recettes des impôts et taxes intérieurs, les recettes douanières, les recettes non fiscales et les recettes de privatisations. A fin mars 2019, elles augmentent de 1,8% en glissement annuel pour se situer à 649,1 milliards. Par rapport aux 799,2 milliards de prévision trimestrielle, elles sont en retrait de 150,1 milliards, soit un taux de réalisation de 81,2%. Cette sous performance résulte de l’évolution des principales rubriques comme suit.


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Les recettes des impôts et taxes recouvrées au terme du premier trimestre 2019 s’élèvent à 461,3 milliards contre 449,3 milliards au premier trimestre 2018, soit une hausse de 12 milliards (+2,7%). Mais, par rapport aux 543,9 milliards attendus au cours du premier trimestre 2019, elles sont en retrait de 82,6 milliards, soit un taux de réalisation de 84,8%. L’évolution des principales sous rubriques est la suivante : l’IRPP est de 78,5 milliards, en augmentation de 14,9 milliards avec un taux de réalisation de 126% ; la TVA qui diminue de 14,1 milliards est réalisée à 64,5% ; l’impôt sur les sociétés non pétrolières est de 141,9 milliards, en augmentation de 17,3 milliards avec un taux de réalisation de 102,2% ; les droits d’accises et droits d’enregistrements et du timbre qui reculent de 3 milliards et 9,5 milliards, avec des taux de réalisation de 79% et 90% respectivement ; la TSPP se situe à 32 milliards, en augmentation de 0,2 milliard et réalisée à 99%.


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Les recettes douanières se chiffrent à 153,9 milliards à fin mars 2019 contre 148,5 milliards à fin mars 2018, soit une hausse de 5,4 milliards (+3,6%) en glissement annuel. Seulement, par rapport aux 210 milliards prévus au premier trimestre 2019, elles sont en retrait de 56,5 milliards, soit un taux de réalisation de 74,3%. Les recouvrements des droits de douane se stabilisent à 66,4 milliards et ceux de la TVA à l’importation reculent de 4,7 milliards. Les recettes non fiscales baissent de 5,8 milliards (-14,6%) en rythme annuel et s’établissent à 33,9 milliards à fin mars 2019. Par rapport aux 45 milliards de prévision trimestrielle, elles sont en retrait de 11,1 milliards, soit un taux de réalisation de 75,3%.

Les emprunts et dons

Les emprunts et dons comprennent entre autres les émissions de titres publics, les emprunts bancaires, les appuis budgétaires, les dons et prêts FMI. Les ressources attendues au titre des emprunts et dons se chiffrent à 1 321 milliards contre 1365,5 milliards en 2018, soit une diminution de 3,3%. Elles comprennent 588 milliards de prêts, 79 milliards de dons, 329 milliards d’appuis budgétaires dont 86 milliards du FMI, 260 milliards d’émission de titres publics et, 65 milliards de financement bancaire. Les emprunts et dons s’élèvent à 256,5 milliards au premier trimestre 2019 contre 373 milliards au premier trimestre 2018, soit une diminution de 116,5 milliards (-31,2%) entre les deux périodes. Cette baisse résulte principalement des appuis budgétaires décaissés à hauteur de 118,1 milliards au premier trimestre 2018, dans le cadre de la mise en œuvre du Programme économique et financier.

Sous performances dans les dépenses

L’évolution et les réalisations des principales rubriques des dépenses courantes sont données ci-dessous. Les dépenses de personnel décroissent de 20,7 milliards (-8%) et s’établissent à 238,5 milliards au premier trimestre 2019 contre 259,2 milliards à la même période de l’exercice budgétaire 2018. Elles sont en retrait de 25,8 milliards par rapport aux 264,3 milliards prévus, soit un taux d’exécution de 90,2%. Les dépenses de biens et services s’accroissent de 1 milliard (+1%) en glissement annuel et s’élèvent à 105,8 milliards à fin mars 2019. Le taux d’exécution de ces dépenses est de 53,9% par rapport aux 196,2 milliards d’objectif trimestriel. Les dépenses de transferts et pensions se chiffrent à 101,9 milliards au terme du premier trimestre 2019, croissant ainsi de 12,9 milliards (+14,5%) par rapport à la même période de l’exercice précédent. Comparativement aux 150,8 milliards prévus, elles enregistrent une sous consommation de 48,9 milliards et un taux d’exécution de 67,6%.

Par rapport à la prévision du premier trimestre 2019 fixée à 204,4 milliards, elles sont en retrait de 163,2 milliards, soit un taux d’exécution de 20,2%.

Les dépenses d’investissement s’élèvent à 78 milliards à fin mars 2019 contre 332,4 milliards à fin mars 2018, soit une baisse de 254,4 milliards (-76,5%) entre les deux périodes. Par rapport aux 337,4 milliards prévus, ces dépenses sont en retrait de 259,3 milliards, soit un taux d’exécution de 23,1%. L’évolution et les réalisations des principales composantes des dépenses d’investissement sont présentées ci-après. Les dépenses d’investissement sur ressources propres s’élèvent à 41,2 milliards à fin mars 2019, diminuant de 101,2 milliards (-71,1%) en rythme annuel. Par rapport à la prévision du premier trimestre 2019 fixée à 204,4 milliards, elles sont en retrait de 163,2 milliards, soit un taux d’exécution de 20,2%.


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Les dépenses d’investissement sur financements extérieurs sont de 32 milliards à fin mars 2019 et diminuent de 151 milliards. Par rapport aux 123 milliards prévus au premier trimestre 2019, leur taux d’exécution est de 26%. Les dépenses de restructuration s’élèvent à 4,8 milliards à fin mars 2019 contre 7 milliards à la même période de l’exercice 2018. Elles sont en retrait de 5,2 milliards par rapport aux 10 milliards d’objectif du premier trimestre, soit un taux d’exécution de 48%. La dette publique elle, s’est établie à 7 494 milliards de FCFA et représente environ 35% du PIB.

En attendant de voir clair sur les recettes de l’or noir

En fin mars 2019, ces recettes se chiffrent à 125,7 milliards, en hausse de 30,2 milliards (+31,6%) par rapport à fin mars 2018 où elles étaient de 95,5 milliards, essentiellement du fait de la hausse en glissement annuel des cours mondiaux du pétrole. Les recettes pétrolières comprennent 113,8 milliards de redevance pétrolière SNH et 11,9 milliards d’impôt sur les sociétés pétrolières. Assis sur les bénéfices de l’exercice 2018 et les paiements contemporains, le montant attendu de l’impôt sur les sociétés pétrolières est de 91,5 milliards FCFA. La redevance SNH résulte : d’une production pétrolière de 24,5 millions de barils projetée par la SNH ; et un cours du baril de Brent projeté à 69 dollars, desquels on enlève 3,5 dollars de décote, soit en définitive un prix du baril camerounais de 65,5 dollars.


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Adoptée par l’Assemblée nationale et promulguée par le Chef de l’Etat, la Loi de Finances 2019 établit le budget de l’Etat du Cameroun en recettes et dépenses, à la somme de 4 850,5 milliards de FCFA, soit une augmentation de 3,4% par rapport à celui de 2018. Au cours du premier trimestre de l’exercice 2019, le budget de l’Etat s’est exécuté dans un contexte marqué au plan international par : le ralentissement de la croissance économique internationale, avec un taux prévue à 3,3% en 2019 par le FMI, après 3,6% enregistré en 2018, principalement du fait de contractions en Argentine et en Turquie, ainsi que de l’impact des mesures commerciales sur la Chine et les autres pays asiatiques; l’augmentation de 30,7% en glissement annuel des cours mondiaux du pétrole, du fait de la demande et l’accord de limitation de la production conclu par l’OPEP et ses alliés ; le ralentissement la croissance à 1,8 % en 2018 (contre 2,4 % en 2017) dans la zone euro, principal partenaire commercial du Cameroun.


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Au plan national, le contexte d’exécution du budget 2019 est marqué par : la reprise de l’activité économique enregistrée en 2018, avec un taux de croissance estimée à 3,9% contre 3,7% en 2017. Aussi, une accélération de l’activité est attendue en 2019, avec un taux de croissance projeté à 4,5% ; la poursuite de la mise en œuvre du programme économique et financier conclu avec le FMI et la préparation de la troisième revue dudit programme ; un niveau des cours du pétrole qui est en moyenne annuelle de 71,1 dollars, supérieur au prix retenu dans la loi de finances 2019, soit 65 dollars ; la poursuite du démantèlement tarifaire des produits en provenance de l’Union européenne induit par l’APE bilatéral et la persistance des perturbations d’activités dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest.

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