Selon le rapport 2024 sur l’Indice de performance des ports à conteneurs (CPPI), publié le 22 septembre dernier par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence, le Port autonome de Pointe-Noire (PAPN) a reculé de 100 places dans le classement mondial, se positionnant désormais 401ᵉ sur 403 ports évalués.
Cet indice, qui mesure l’efficacité des opérations de chargement et de déchargement grâce aux données de l’Automatic Identification System (AIS), révèle une nette dégradation des performances du principal port en eau profonde de la République du Congo. Son score est passé de –145 en 2023 à –283 en 2024, traduisant un allongement des délais d’escale et une baisse de productivité.
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En zone CEMAC, Pointe-Noire ferme la marche (40ᵉ sur 41 ports africains), alors que ses concurrents immédiats améliorent leur position. Bata (260ᵉ) et Malabo (285ᵉ) en Guinée équatoriale figurent parmi les mieux classés, tandis qu’au Gabon, le port d’Owendo progresse légèrement (–30 contre –50 en 2023).
Au Cameroun, la tendance reste également baissière mais moins marquée : Douala chute au 381ᵉ rang (–97 points) et Kribi recule à la 397ᵉ place (–199).
Si le rapport n’identifie pas explicitement les causes du déclin de Pointe-Noire, plusieurs facteurs structurels sont pointés du doigt : l’insuffisance des liaisons routières vers l’hinterland et le retard dans la modernisation des infrastructures. Le corridor 13, censé relier Brazzaville, Bangui et N’Djamena sur 3 300 km, reste inachevé, limitant la capacité du port à desservir efficacement la sous-région.
Dans ce contexte, la réunion du 25 septembre 2025 du comité de suivi de la concession du terminal à conteneurs a réaffirmé l’urgence d’appliquer l’avenant n°3 à la convention de concession, qui prévoit la construction d’un nouveau quai de 750 mètres sur 28 hectares et 17 mètres de profondeur. Objectif : accueillir des navires de nouvelle génération et rétablir la compétitivité du port congolais sur l’échiquier régional.
Laurent Onguéné

