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Performances : la Douane camerounaise double ses recettes en 14 ans

Établies à 1 022,6 milliards de Fcfa en 2023, les recettes douanières ont bondi de 103% par rapport à 2010. Une embellie principalement attribuée à un certain nombre de réformes parmi lesquelles, la dématérialisation des procédures.

Publiée mardi 23 juillet 2024 à 16:24:59Modifiée mardi 23 juillet 2024 à 16:27:35Temps de lecture 4 minPar Marius Zogo

Le DG des Douanes camerounaises Edwin Fongod Nuvaga

Au Cameroun, les recettes douanières sont globalement sur une courbe ascendante sur la période 2010-2023 excepté un repli de 21,4 milliards accusé en 2015 (678,8 milliards venant de 700,2 milliards en 2014) puis, une baisse de 142, 2 milliards en 2020 du fait du contexte du coronavirus : 707, 8 milliards ont été mobilisés contre 850 milliards en 2019 . D’après les données compilées par le ministère camerounais des Finances (Minfi) 10 158,1 milliards de Fcfa de recettes douanières ont été collectées sur cette période de 14 ans sur un objectif cumulé de 10 072,2 milliards soit un dépassement de 85, 9 milliards de Fcfa et un taux de réalisation de 101%. A l’observation, l’on est passé de 503,5 milliards en 2010 à 1 022,6 milliards en 2023 pour un bond de 519 milliards de Fcfa en valeur absolue et de 103% en valeur relative.

De multiples réformes

La Direction générale des douanes vante cette embellie par la mise en place d’un certain nombre de réformes. Il s’agit notamment de la dématérialisation des procédures d’abord à travers l’application « Sydonia++ » conçue uniquement pour des besoins statistiques. Compte tenu de ses limites dans la prise en charge de l’ensemble des procédures de dédouanement, elle a été remplacée en 2020 par un autre système douanier dénommé le Cameroon Customs Information System (Camcis). Celui-ci apprend-t-on, permet de gérer la performance, le volet contentieux le contrôle après dédouanement , les moyens de transport entre autres.

Lire aussi : Cameroun : 215 milliards de recettes douanières mobilisées au premier trimestre 2024

Un autre facteur favorable à ces résultats est l’application ‘’Cosmos’’ dont l’objectif est de lutter contre les fraudes sur les véhicules, le paiement électroniques des droits et taxes de douanes. Ajouté à ceci, l’opération Halt au commerce illicite (Halcomi) qui, souligne la DGD, a permis de réduire les pertes de recettes. « Nous avons également la mise en place des segments des partenariats à deux niveaux : avec les autres administrations publiques telles que les impôts, le Trésor public, les Impôts et les banques, les particuliers pour encourager leur civisme fiscal et lutter efficacement contre certaines dérives notamment le commerce illicite . Enfin, l’organisation en interne avec l’instauration des contrats de performance où chaque agent est responsabilisé avec des objectifs à atteindre », explique une source interne à la douane. Des réformes auxquelles il faudrait ajouter des droits d’accises, des mesures très souvent introduites dans la loi de finances de chaque année permettent aussi d’apprécier le relèvement des taxes douanières.

Bonnes performances sous fond de contraintes

Selon le Document de programmation économique et budgétaire 2025-2027, le Cameroun vise 1 427, 8 milliards de Fcfa en 2027. Un montant qui dépasserait de 333,2 milliards de Fcfa (+30,4%) les 1 094,6 prévus dans la loi de finances rectificative de l'exercice 2024. Malgré cet optimiste des pouvoirs publics, de nombreux facteurs endogènes et exogènes sont susceptibles d’influencer significativement la réalisation effective des missions de la douane camerounaise.

Lire aussi : Recettes douanières : le Cameroun table sur un objectif de 1 080 milliards en 2024 (+10%)

Le ministère des Finances redoute par exemple : le rétrécissement des échanges formels avec le Nigéria et l’Afrique de l’Ouest, en raison de la persistance de l’insécurité dans les régions occidentales ; l’instabilité du cours du Naira qui entraîne une chute du niveau de perception des droits et taxes de douane sur les biens importés de ce pays. Le gouvernement craint aussi le rétrécissement de l’assiette fiscale en rapport avec la mise en œuvre des Accords de partenariat économique (APE), la Zone de Libre-échange continentale africaine (Zlecaf) et les communautés économiques sous régionales (Cemac et Ceeac).

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