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Perspectives : la fusion Sodecoton-Cicam, une option de relance de la filière coton-textile

Avec une contribution de la valeur ajoutée de seulement 2% au Produit intérieur brut entre 2005-2018, la filière coton-textile-confection est plus que jamais à l’agonie, et nécessite une nouvelle reconfiguration. Le Plan directeur d’industrialisation (PDI) préconise la fusion des deux sociétés à l’effet de porter les capacités de filature de l’industrie camerounaise à 300 000 tonnes/an.

Dans le document de Stratégie nationale de développement (SND-30), la filière coton-textile-confection est identifiée comme une filière porteuse de l’économie camerounaise, dotée d’un fort potentiel de création d’emplois, et est considérée comme une composante importante du socle sur lequel repose le processus de transformation structurelle de l’économie camerounaise. Et pourtant, elle ne présente pas de statistiques reluisantes et se meurt depuis de nombreuses années. Selon une note d’analyse prospective du ministère de l’Economie, du Plan et de l’Aménagement du territoire (Minepat), sur les trajectoires de la filière coton-textile-confection dans la dynamique de transformation structurelle de l’économie camerounaise, cette filière dans son ensemble n’a contribué qu’à hauteur de 2% au PIB sur la période 2005-2018.

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Dans le détail, concernant les différents segments de la filière, c’est celui de la confection qui présente les meilleures performances avec une création de richesse évaluée entre 127,7 milliards et 288,4 milliards de FCFA au cours de la période sus-évoquée, représentant 64 à 75% de la valeur ajoutée globale de l’ensemble de filière.  S’agissant de l’industrie du textile, sa part dans la création de richesse de la filière varie entre 13% et 20%, avec un pic réalisé en 2017 et correspondant à une valeur ajoutée évaluée à 72,7 milliards FCFA. Quant à la culture de coton, sur la période 2005-2018, sa valeur ajoutée oscille entre 27,5 milliards FCFA et 58 milliards FCFA, avec une part dans la valeur ajoutée totale de la filière plafonnée à 15% sur la période.

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En ce qui concerne le commerce extérieur, entre 2005 et 2018, la valeur des exportations des produits de la filière est passée de 76,8 milliards FCFA à 120,3 milliards FCFA. Cette évolution correspond cependant à une diminution de la part des exportations de la filière dans les exportations totales du pays, qui est passé de 3,3% à 2,9% sur cette période. Au sujet des importations des produits de la filière, leur valeur est passée de 28,7 milliards FCFA à 118,2 milliards FCFA, soit une évolution de la part des importations de ces produits dans le total des importations de 1,2% à 2,3% sur la période considérée.

Fusion Sodecoton-Cicam

Ces statistiques présentent de manière non exhaustive le tableau assombri d’une filière dont la technologie de production, tout comme les équipements de production sont pour la plupart vétustes et parfois techniquement incompatibles avec certains segments de la filière dont la demande est forte. « C’est particulièrement le cas des industries du textile et de la confection (INS, 2016). Par conséquent, les unités de production et de transformation du coton ne sont pas à même de satisfaire la demande des industries situées en aval. La persistance de cette situation est de nature à réduire les capacités de production dans les maillons concernés de la filière, favorisant ainsi un accroissement du volume des importations », renseigne la note d’analyse du Minepat. Dès lors, il est recommandé une modernisation de l’appareil de production pour aider l’industrie à se remettre en selle.

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L’hypothèse de modernisation des équipements productifs est donc prise en compte dans la SND-30 avec pour objectifs d’augmenter la production cotonnière au seuil de 600 000 tonnes/an ; d’intégrer la transformation industrielle de la fibre locale pour atteindre un taux maximum de 50% de la demasodecotonnde nationale. Le PDI qui se situe dans la même perspective, évoque la fusion entre la Cotonnière industrielle du Cameroun (Cicam) et la Société de développement du coton (Sodecoton), et envisage le renouvellement et le renforcement des capacités industrielles d’une mégastructure regroupant les deux structures d’une capacité de filature de 300 000 tonnes/an et la mise en place d’un centre technique du textile.

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