Le milliardaire nigérian Aliko Dangote s’est engagé à piloter la construction d’une raffinerie de pétrole à Tanga, dans le nord-est de la Tanzanie, avec un pipeline reliant cette installation au port kényan de Mombasa, a indiqué le président kényan William Ruto lors d’un forum de l’Africa Finance Corporation à Nairobi. « Je m'engage aujourd'hui à ce que nous menions ce projet de raffinerie. Nous veillerons à ce qu'elle soit construite d'ici quatre à cinq ans», a déclaré Dangote, précisant que l’installation traitera du brut en provenance notamment de la République démocratique du Congo (RDC) et du Soudan du Sud, selon des informations rapportées par Bloomberg.
Le projet prévoit l’implantation de la raffinerie à Tanga, terminal d’un oléoduc de 1 443 km reliant également les champs pétroliers ougandais, dans un dispositif régional d’approvisionnement. Il s’inscrit dans un contexte de tensions au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz, qui perturbent les chaînes d’approvisionnement en carburants et en engrais. Selon le cabinet CITAC, certains pays d’Afrique de l’Est et australe dépendent à plus de 75 % des importations de produits pétroliers en provenance du Golfe, exposant leurs économies aux chocs exogènes. Ni la capacité de la future raffinerie ni le montant des investissements nécessaires n’ont été précisés à ce stade.
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Cette initiative intervient alors que la capacité de raffinage du continent a reculé d’environ un tiers en vingt ans, selon l’agence, malgré une production représentant près de 7 % du total mondial. La mise en service de la raffinerie de Dangote à Lekki, au Nigeria, d’une capacité de 650 000 barils par jour, a contribué à réduire la dépendance du pays aux importations et à alimenter plusieurs marchés régionaux. En Afrique centrale, elle a représenté environ 18 % des importations de carburants du Cameroun en 2025. Au Tchad, les données de l’Agence de régulation du secteur des hydrocarbures du Tchad (ARSAT) montrent qu’en mars 2026, les tensions au Moyen-Orient ont contribué à la baisse des importations de produits pétroliers (-19 % pour le gazole, -30 % pour l’essence) et contribuer à un recul de la consommation nationale de 7,1% du gasoil. Le Nigeria s’est ainsi fait une place dans le top 2 des sources d’approvisionnement de N’Djamena en produits pétroliers, derrière le Cameroun.
Le projet tanzanien s’inscrit dans le plan d’expansion de 40 milliards de dollars du groupe Dangote visant à renforcer ses capacités de raffinage et à étendre son empreinte sur le continent. D’autres initiatives sont en cours, notamment en Ouganda avec une raffinerie de 60 000 barils par jour destinée au marché domestique et régional. Cette dynamique intervient après la fermeture de plusieurs unités au cours de la dernière décennie, notamment à Mombasa, Lusaka, Durban et Limbé, et dans un contexte où plusieurs États africains cherchent à relancer des projets de raffinage pour réduire leur dépendance aux importations.
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