La compagnie pétrolière et gazière Suédoise, Meren Energy est actuellement à un carrefour stratégique. Alors qu'elle cherche activement des partenaires pour développer ses blocs offshores critiques EG-18 et EG-31 au large des côtes de la Guinée Équatoriale, elle voit simultanément un acteur de proue se retirer de son actionnariat. En effet, la société d'investissement londonienne Westmount Energy a annoncé ce mardi 10 juin la vente de l'intégralité de sa participation dans Meren Energy (anciennement Africa Oil), cédant 300 000 actions pour un montant de 286 000 livres sterling (environ 221,6 millions de Fcfa). Ce désengagement coïncide avec les préparatifs de l'Assemblée Générale Annuelle (AGA) de Meren Energy, prévue le jeudi 12 juin 2025 à Vancouver.
Un retrait pour une réorientation stratégique
Selon un communiqué publié à la bourse de Londres (AIM), le retrait de Westmount Energy de Meren est le résultat d'une réévaluation stratégique de son portefeuille. Ayant initialement investi 538 633 livres (environ 417,3 millions Fcfa) dans Africa Oil Corp. en juin 2023 pour profiter des opportunités de forage dans le bassin d'Orange, au large de la Namibie, Westmount a constaté une dilution significative de son exposition à cette zone clé. Cette dilution est survenue suite à la « consolidation d'Africa Oil avec Prime Oil » et à une modification de sa stratégie concernant l'exploration de Vénus et de la Namibie. La cession de ces actions, bien qu'entraînant une perte nette de 224 221 livres (soit 173,7 millions Fcfa) pour Westmount, vise, d’après le Fonds, à « compléter le fonds de roulement disponible » de la société, lui offrant ainsi une flexibilité accrue pour de futurs investissements.
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Bien qu’explicite, ce retrait prend une dimension stratégique particulière. Il intervient alors que Meren Energy est résolue à trouver de nouveaux partenaires pour le développement de ses blocs offshore EG-18 et EG-31, un projet prévu pour 2026-2027. La prudence de la société d'investissement londonienne se manifeste dans un contexte national complexe pour la Guinée Équatoriale : la production pétrolière du pays, qui dépassait les 300 000 barils/jour il y a une décennie, a chuté drastiquement à moins de 70 000 barils/jour suite à l'épuisement de ses champs matures. Cette forte régression a inévitablement plongé la Guinée Équatoriale dans une récession économique, rendant le paysage de l'investissement pétrolier particulièrement sensible.
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Le départ de Westmount Energy pourrait, de fait, instiller des incertitudes dans le processus de Meren Energy visant à attirer des investissements pour ses blocs. La perception des investisseurs est un facteur déterminant dans ce type de transactions, et un désinvestissement, même justifié par des considérations stratégiques propres à l'actionnaire, peut susciter des interrogations sur la viabilité ou l'attractivité du projet. Néanmoins, la gestion proactive de sa gouvernance, clairement affichée par la tenue de son Assemblée Générale Annuelle (AGA) le 12 juin prochain, représente un atout majeur qui pourrait aider Meren Energy à maintenir la confiance des acteurs du marché et à rassurer de potentiels nouveaux partenaires.

