Politiques Publiques

Planification : le Cameroun vise une croissance de 4,6% en 2023

Paul Biya a signé le 23 août 2022, la Circulaire relative à la préparation du budget de l’Etat pour l’exercice 2023. Dans ce document, il projette une croissance de l’économie à hauteur de 4,6% ; un déflateur de PIB de l’ordre de 1,6%; un déficit budgétaire global de 1,2%, et un déficit du compte courant qui va s’établir autour de 2,5% du PIB

Le gouvernement tient sa feuille de route qui va servir de support de référence pour l’élaboration du projet de loi de finances 2023. Le 23 août 2022, Paul Biya a rendu publique une circulaire qui détaille les orientations de la politique budgétaire ainsi que les dispositions à prendre en compte dans le cadre de l’élaboration du budget du Cameroun pour l’exercice 2023. Comme détaillé par le chef de l’Etat, la prochaine loi de finances doit s’inscrire sous le signe de l’optimisation de la mobilisation des recettes non pétrolières, ainsi que sur la maîtrise et l’amélioration de l’efficacité des dépenses publiques. Si ces directives sont respectées, le PIB devrait croître de 0,6% en 2023 et s’établir à 4,6%. Des projections beaucoup plus optimistes que celles faites par l’Etat dans le cadre de l’exercice 2022, soit 4%. Dans la même lancée, Paul Biya prescrit également une réduction significative du déficit budgétaire global qui devrait passer de 2,5% en 2022 à 1,2% en 2023.Par contre, le déficit du compte courant (ratio entre les importations et les exportations) devrait atteindre 2,5% du PIB soit le même que celui de 2022.

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La concrétisation de ces différentes hypothèses passe par le respect scrupuleux d’un canevas tracé par le président de la République dans la circulaire mentionnée supra. Tout d’abord l’optimisation de la mobilisation des recettes fiscales internes. Pour l’atteinte de cet objectif, Paul Biya prescrit l’élargissement de l’assiette fiscale, la sécurisation des recettes et du circuit de leur collecte, ainsi que le renforcement de la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale. En dehors de ces initiatives, la mobilisation des recettes des impôts et taxes va se poursuivre l’année prochaine avec la mise en œuvre du dispositif réformé de la fiscalité locale pour un financement optimal de la décentralisation, la mise en place d’un régime fiscal adapté pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME), notamment en ce qui concerne les entrepreneurs individuels, le réaménagement du régime fiscal des projets à financement extérieur, la poursuite de la rationalisation de la dépense fiscale à travers la suppression des exonérations jugées inefficaces ou leur soumission à des taux réduits, la poursuite du renforcement de la fiscalité environnementale etc.

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La maîtrise et surtout la réduction de la dépense publique constitue également un objectif majeur prescrit par le chef de l’Etat pour l’exercice budgétaire 2023. Il espère pour cela qu’un accent soit mis sur le réalisme et la sincérité des prévisions budgétaires. A ce titre, la priorité de l’inscription des crédits sera accordée aux engagements en cours de l’Etat, avant l’allocation des ressources aux mesures nouvelles. Comme autres priorités, on peut citer la maîtrise des recrutements et la rationalisation de la mobilité au sein des administrations, en vue de garantir la soutenabilité de la masse salariale ; la poursuite des actions de gestion prévisionnelle des effectifs et des compétences, le contrôle et la sécurisation du fichier des ayants droit et l’assainissement des prestations sociales liées à la solde, la poursuite de l’opération d’identification et de suspension du fichier solde des agents percevant indûment des salaires, la poursuite de l’apurement de la dette salariale de l’Etat ; la finalisation de l’opération de Comptage Physique des Personnels de l’Etat.

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En outre, en 2023, l’action gouvernementale selon les prescriptions du président de la République, devrait principalement s’articuler autour de la finalisation et la mise en service des grands projets de première génération restants ; la poursuite de la préparation des grands projets de deuxième génération; le renforcement de la cohésion sociale et du processus de décentralisation; la poursuite de la mise en œuvre de l’import-substitution, à travers les actions visant l’augmentation de la production locale et la réduction de la dépendance aux importations ; la poursuite de la reconstruction des régions affectées par les crises, en particulier celles du Nord-Ouest, du Sud-ouest et de l’Extrême Nord et ; le maintien de la veille sécuritaire et sanitaire.

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