Au Cameroun, la crise autour du scanning des marchandises au port de Douala-Bonaberi joue les prolongations. A la suite de l’instruction formelle du Premier ministre en faveur du maintien du contrat de l’entreprise suisse Société Générale de Surveillance (SGS), le Directeur général de la plateforme portuaire est sorti de son mutisme. Cyrus Ngo’o a adressé une correspondance à la Directrice générale de SGS, l’invitant à une réunion prévue ce mercredi 4 février dans l’enceinte portuaire. L’objectif affiché est de trouver un terrain d’entente et de clarifier les responsabilités de chaque opérateur.
Vers une cohabitation SGS – TransAtlantic ?
L’ordre du jour de la réunion prévoit notamment l’examen : des modalités d'octroi à la SGS de l'autorisation d'exercer au port de Douala – Bonaberi ; de prise en compte des coûts logistiques exposés par la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC SA) ; de l'exercice de l’activité de SGS et de son « impact négatif » sur le délai de passage portuaire des marchandises, contrairement aux objectifs de compétitivité du Port de Douala-Bonabéri. Mais aussi, l’examen de l’hypothèse d’une collaboration entre les sociétés SGS Cameroun SA et TransAtlantic D S.A, nouvel opérateur de scanning recruté en décembre 2025 par le PAD.
A première vue, il est question d’instaurer un cadre opérationnel unique, capable de garantir à la fois la sécurité des marchandises et la fluidité des échanges. Cette approche pourrait constituer un tournant dans la résolution du conflit et restaurer la confiance des industriels camerounais qui dénoncent une situation « intenable », marquée par des surcoûts injustifiés, des retards d’approvisionnement et une désorganisation profonde de la chaîne logistique en raison de la crise.
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Dans un communiqué publié le 2 février 2026, le Syndicat des Industriels du Cameroun (Syndustricam) évoque la coexistence de décisions administratives contradictoires et l’absence de cohérence entre le dispositif technique, le cadre contractuel et les systèmes de paiement, sur fond de conflit entre la SGS, opérateur historique dont le contrat initial censé s’achever en 2025 est repoussé à 2032 par le Premier ministre, et TransAtlantic D. SA, le nouvel entrant.
Au cœur du malaise industriel, une situation jugée absurde : les entreprises se retrouvent contraintes de payer deux fois pour une même prestation. D’un côté, « la facturation et le paiement effectifs des frais de scanning auprès de l'opérateur TransAtlantic SA », dont les équipements sont opérationnels. De l’autre, « le maintien dans les systèmes douaniers, de l'exigibilité de frais de scanning au profit de l'opérateur SGS Scanning Cameroun SA dont les installations ne sont plus opérationnelles », explique le Syndicat.
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Les pertes économiques s’accumulent rapidement. Les industriels supportent des surestaries et pénalités contractuelles, tandis que des ruptures d’approvisionnement perturbent la production de biens de consommation et d’équipements industriels. L’État camerounais, lui aussi, subit un préjudice financier considérable. Des experts estiment que chaque jour de blocage lié au scanning ferait perdre environ 1,5 milliard FCFA de recettes publiques, une hémorragie quotidienne qui s’ajoute aux 200 milliards FCFA perdus annuellement à cause de la contrebande et des failles du contrôle douanier.
La réunion prévue ce mercredi au port de Douala pourrait être un tournant. Si un accord est trouvé entre SGS, TransAtlantic SA et le PAD, les conteneurs pourraient être libérés et la production des industriels reprendre progressivement.

