7 ans après la dernière visite d’un chef de la diplomatie française en République centrafricaine, le ministre français des Affaires étrangères, Jean Noël Barrot, est attendu le 12 mars à Bangui. Ce déplacement marque une étape symbolique dans la normalisation progressive des relations entre Paris et les autorités centrafricaines. Longtemps crispés, les rapports entre les deux capitales connaissent depuis deux ans une phase de réchauffement prudent.
Pour la France, cette visite vise à consolider le retour du dialogue politique avec un partenaire historique en Afrique centrale, tout en relançant une coopération financière et institutionnelle largement ralentie depuis 2021. Le signe le plus tangible de ce dégel est la reprise de l’appui budgétaire français à la Centrafrique. Suspendu au plus fort des tensions diplomatiques, ce soutien a repris à travers l’Agence française de développement (AFD).
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En novembre 2024, Paris a accordé un premier appui budgétaire d’environ 10 millions d’euros, soit environ 6,5 milliards Fcfa, destiné à soutenir les finances publiques centrafricaines. Un second financement, sous forme de prêt budgétaire d’environ 25 millions d’euros (16,3 milliards Fcfa), a été signé en octobre 2025 afin d’accompagner les dépenses sociales prioritaires de l’État. Ces engagements marquent la volonté française de rétablir progressivement un partenariat avec Bangui.
La brouille entre les deux pays remonte aux années 2020-2021. À l’époque, les relations se dégradent sur fond d’accusations d’ingérence adressées à la France par Bangui et de dénonciation, côté français, d’une campagne antifrançaise alimentée dans le pays. La montée en puissance de la coopération sécuritaire entre Bangui et la Russie, notamment avec la présence de paramilitaires du groupe Wagner, avait achevé de tendre les rapports. Paris avait alors suspendu son aide budgétaire et réduit sa coopération militaire.
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La visite de Jean-Noël Barrot intervient toutefois dans un contexte assombri par l’arrestation, le 04 mars, d’un agent de l’ONG Médecins sans Frontières (MSF). Les autorités centrafricaines l’accusent « d’activités subversives ». Elles le soupçonnent, effet, d’entretenir des liens avec des groupes armés actifs dans certaines régions du pays. L’affaire est suivie avec attention par Paris, qui insiste sur la nécessité de préserver l’action et la sécurité des organisations humanitaires opérant dans l’un des pays les plus fragiles du continent.
Dans ce contexte délicat, la visite du chef de la diplomatie française apparaît comme un test du dégel entre Paris et Bangui. Entre volonté de tourner la page des tensions passées et prudence diplomatique, Paris et Bangui cherchent à rétablir une relation plus pragmatique, dans un environnement régional marqué par une recomposition rapide des alliances et des influences.

