La shorlist des prétendants au poste de Président de la Banque Africaine de Développement (BAD) s’étoffe d’un candidat de poids. Au cours de son 44e sommet ordinaire des chefs d’États et de gouvernement, organisé le 17 août dernier à Hararé au Zimbabwe, la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (Sadc) a décidé de soutenir la candidature du Zambien Samuel Munzele Maimbo au poste de président de la BAD.
Économiste de renom, Samuel Maimbo cumule près de trente ans d’expérience dans le domaine du développement, des marchés financiers, de la mobilisation des ressources et de la planification stratégique. Il est actuellement vice-président du budget, de l'évaluation des performances et de la planification stratégique du Groupe de la Banque mondiale depuis le 1er juillet 2023 et à ce titre, il supervise le budget-programme annuel et tous les fonds de la Banque mondiale, y compris le budget administratif des fonds du budget de la Banque (BB), des fonds fiduciaires et des fonds remboursables, en veillant à ce que les ressources soient alignées sur les priorités stratégiques, les objectifs de viabilité financière, les cibles d'efficacité et les besoins opérationnels de l'institution.
Avant d’occuper son poste actuel, cet ancien de PwC a été chef de cabinet des présidents de la Banque mondiale. Il a également été directeur du département de mobilisation des ressources de l’Association internationale de développement (IDA) et du département des finances d’entreprise de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (Bird) pendant un peu plus de deux ans, où il était responsable de la mise en œuvre du modèle financier hybride de l’IDA et de l’analyse des politiques de financement des revenus et des entreprises de la Bird.
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En 2025, alors que se tiendra l’élection du successeur d’Akinwumi Adesina qui, statutairement ne peut plus se présenter après 2 mandats, le Zambien devrait donc recevoir les votes de seize pays regroupés au sein de la Sadc. Il s’agit de l’Afrique du Sud, l’Angola, le Botswana, le Lesotho, Madagascar, le Malawi, Maurice, le Mozambique, la Namibie, la République démocratique du Congo, les Seychelles, le Swaziland, la Tanzanie, la Zambie, le Zimbabwe et les Comores.
Samuel Munzele Maimbo rejoint l’ancien gouverneur de la Beac, Abbas Mahamat Tolli, premier candidat déclaré et soutenu par les pays de la Ceeac et Romuald Wagdani, actuel ministre des Finances au Bénin. Si le Tchadien a déjà reçu le soutien des pays de la Ceeac, le Béninois cravache encore pour obtenir ceux de l’Uemoa et dans la mesure du possible de la Cedeao, ce qui serait pour lui une porte ouverte puisque cette région a un poids considérable au sein du Conseil d’administration.
Quelles sont les chances d’Abbas Mahamat Tolli ?
Il faut dire que le président de la BAD est élu par le Conseil des gouverneurs, lui-même constitué des représentants des pays membres, habituellement les ministres des Finances, du plan ou des gouverneurs des banques centrales. Toutefois, les pouvoirs des votants sont déterminés par le Conseil d'administration sur la base des paiements au titre des souscriptions au capital de la banque. Sur cette base, le seul soutien des pays de la Cemac ne suffirait pas à faire d’Abbas Mahamat Tolli le prochain Président de cette institution puisque les 6 pays de la région cumulés ne pèsent que 2,514% du capital.
Abbas Mahamat Tolli a également reçu le soutien de la Ceeac qui regroupe en plus de la Cemac, 5 autres pays que sont l’Angola, la RD Congo, le Rwanda, le Burundi et Sao Tome & Principe. Calculette en main, le soutien artificiel du tchadien serait porté à 5,637% si l’ensemble de ces pays votent pour lui. Toutefois, l’Angola et la RDC qui sont également membres de la Sadc ont également annoncé soutenir le candidat de cette région ce qui signifie que leur vote en faveur du ressortissant de la Cemac est hypothétique. Au sein de la Sadc, la seule voix de l’Afrique du Sud qui pèse 6,212% dans le capital, suffirait à taire l’ambition d’Abbas Mahamat Tolli.
Vers la conquête des voies hors du continent
Toutefois, le candidat tchadien a toujours ses chances car l’enjeu ne se joue pas sur le continent, mais en dehors avec les actionnaires non régionaux qui pèsent quand même 40% dans le capital de l’institution et auprès desquels les différents candidats sont certainement déjà en train de prospecter pour un soutien. Les plus gros sont les USA (6,352%), le Japon (5,279%), l’Allemagne (3,997%), la France (3,600%)…

