(AFP) En l'absence des deux principaux partis d'opposition, qui dénoncent un examen joué d'avance, six "petits" candidats feront face dimanche au sortant et grand favori Denis Sassou Nguesso lors de la présidentielle au Congo-Brazzaville. L'Union panafricaine pour la Démocratie sociale (UPADS) de l'ancien président défunt Pascal Lissouba et l'Union des démocrates et humanistes-Yuki (UDH-YUKI) boycotteront le scrutin.
Le premier et d'autres opposants apprécient notamment que les institutions chargées de veiller sur le vote, comme la Commission nationale électorale indépendante, sont inféodées au camp présidentiel. Restent face au président six candidats, pour la plupart dépourvus de base politique, qui se présentent en ordre dispersés faute d'accord sur une candidature unique.
Ils sont accusés par les principaux partis d'opposition de faire le jeu du pouvoir en participant à une élection jouée d'avance, voire utilisés par celui-ci pour faire baisser l'abstention et crédibiliser le scrutin. Le plus jeune, Destin Gavet, 34 ans, du Mouvement républicain (MR), se présente pour la première fois. Viennent ensuite Vivien Manangou, enseignant en droit, Zinga Mabio Mavoungou, du parti d'opposition L'Alliance, et Dave Mafoula, des Souverainistes, déjà en lice en 2021.
Les deux derniers candidats sont des habitués des scrutins présidentiels : Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, du parti La Chaîne, opposant régulier depuis 2002, et Anguios Nganguia Engambé, qui se présente pour la quatrième fois d'affilée. "Les dés sont pipés", estime l'opposant Clément Miérassa, ancien ministre et candidat malheureux aux présidentielles de 1992 et 2009.
"Denis Sassou Nguesso contrôle tout le dispositif d'organisation des élections" et les candidats qui se présentent face à lui sont vus par l'opinion comme "des accompagnateurs", explique-t-il. Sidoine Romaric Moukoukou, porte-parole de l'UPADS, dénonce notamment auprès de l'AFP le "refus" des autorités d'établir un fichier électoral "consensuel" et de mettre en place une "commission d'organisation des élections réellement indépendantes".
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"Tel que le système est organisé, il n'y a aucune chance qu'un parti d'opposition puisse menacer Denis Sassou Nguesso. La Commission nationale électorale indépendante est entre les mains du parti au pouvoir", abonde le journaliste indépendant et analyste Alphonse Ndongo.
"La grande bataille de cette élection, c'est de lutter contre l'abstention. Le président sait lui-même que le mandat passé n'a pas été reluisant pour lui, surtout du point de vue social, il n'a jamais autant battu campagne que cette fois ci. Tous les cadres du gouvernement ont été réquisitionnés" dans ce mais, ajoute-t-il.
Deux candidats opposants malheureux à la présidentielle de 2016, le général Jean‑Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, qui avaient contesté la victoire de M. Sassou Nguesso, sont eux détenus après avoir été condamnés à 20 ans de prison pour « atteinte à la sécurité intérieure » en 2018 et 2019.
Le président affirme que les deux hommes préparaient une insurrection armée contre lui. "Ils ne vont pas mourir en prison. On va un jour les libérer", a-t-il assuré à l'AFP au début du mois.
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