L’invalidation par Elecam de la candidature de Maurice Kamto, candidat du Manidem à la présidentielle du 12 octobre 2025, a fait sortir Me Akere Muna de sa réserve. L’ancien bâtonnier, dans une déclaration diffusée sur ses plateformes numériques, estime que le rejet de la candidature de son confrère « repose sur des motifs qui ne correspondent ni aux faits établis, ni aux dispositions de l’article 121 du Code électoral ».
Dans sa sortie, l’ancien vice-président de Transparency International convoque « particulièrement » les dispositions de l’article 5, alinéa 2 du Code électoral, qui stipule que « les membres d’Elections Cameroon, dans l’exercice de leurs fonctions, ne doivent, en aucun cas, solliciter ou recevoir d’instructions ni d’ordre d’une autorité publique ou privée nationale ou étrangère ». Des propos qui pourraient créditer la thèse de suspicion de pressions non identifiées ayant d’une manière ou d’une autre influencé les décisions de l’organe en charge du processus électoral au Cameroun.
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Le candidat investi par le parti Univers, pour illustrer la convocation de ces dispositions du code électoral, demande au Conseil constitutionnel de se rappeler la maxime juridique inspirée du « Common Law » qui dit que « la justice ne doit pas seulement être rendue, elle doit aussi être perçue comme telle ». « Cette formule souligne l’importance capitale de la perception publique dans l’administration de la justice. Une décision judiciaire doit être non seulement équitable, mais également apparaître comme telle aux yeux du public, afin de préserver la confiance dans le système judiciaire », souligne-t-il.
Pour lui, « un manque de transparence ou une suspicion raisonnable de partialité peuvent, gravement compromettre la confiance du public, même lorsque la justice est effectivement rendue ». Aussi se dit-il « convaincu que le Conseil constitutionnel prendra pleinement la mesure des enjeux en présence et agira avec la diligence requise pour garantir une justice impartiale, transparente et digne de la confiance de tous les citoyens. »
Plus de la moitié des candidats recalés par Elections Cameroon (ELECAM) le 26 juillet dernier de la liste provisoire des candidatures retenues pour la présidentielle d'octobre 2025 ont saisi l’institution pour la validation de leurs dossiers.
35 des 68 candidats recalés par Elecam pour la course à la présidentielle du 12 octobre 2025 au Cameroun se sont pourvu devant le Conseil Constitutionnel le 28 juillet. Ces derniers, pour leur immense majorité, espèrent obtenir la validation de leur candidature pour enfin figurer sur la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle.
Cette avalanche de recours témoigne de l'ampleur des contestations suite aux décisions de l'organe électoral qui n’a finalement admis que 13 personnes sur la liste des candidats appelés de manière provisoire à briguer les suffrages des électeurs.
Parmi les recours les plus médiatisés, celui de Maurice Kamto, ex-leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), retient particulièrement l'attention. Sa candidature, présentée sous la bannière du Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (Manidem), a été rejetée, selon Elecam, pour « pluralité d'investitures
».
Dieudonné Yebga qui conteste à Anicet Ekane la présidence du parti, a lui aussi déposé sa candidature pour le compte de la même formation politique. L'opposant et ses avocats qui ont dénoncé une "opération mafieuse" et affirmé détenir des preuves de manipulations, demandent au Conseil constitutionnel de réhabiliter sa candidature.
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D'autres figures politiques, connues du grand public, ont également déposé leurs recours, chacun espérant convaincre les sages de l'irrecevabilité de leur rejet. Les motifs invoqués par Elecam pour invalider les candidatures sont variés : dossiers incomplets, parrainages insuffisants, problèmes d'éligibilité, absence de cautionnement ou encore pluralités d'investiture.
Robert Kona par exemple, qui n’a pas déposé de candidature en vue de l’élection, attaque la résolution du Conseil électoral du 26 juillet dernier afin d’obtenir l’invalidation de la candidature de Cabral Libii, investi par le Parti camerounais pour la réconciliation nationale.
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Léon Theiller Onana qui a essuyé un rejet pour n’avoir pas été investi par un parti politique ou candidaté comme candidat indépendant, demande l’invalidation de la candidature du président Paul Biya devant la haute juridiction. Il est rejoint dans cette requête par Bertin Kisop du CPSJ, lui aussi recalé par Elecam pour divers motifs. Comme Léon Theiler Onana, il récuse aussi les membres du Conseil constitutionnel. Sa troisième requête vise la réhabilitation de sa candidature rejetée en premier ressort pour divers motifs.
Le délai de 48 heures accordé aux candidats recalés lors de la publication de la liste provisoire des candidats à la présidentielle pour la saisine du Conseil constitutionnel se sont écoulées le 28 juillet à minuit. L’institution, dont les décisions sont sans appel, dispose de 10 jours pour vider le contentieux électoral et rendre publique la liste définitive des candidats à la présidentielle.
PCA

