La Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) vient de rendre publique la « liste d'entreprises de grand standing et d'importance nationale ou dont le poids dans l'économie est particulièrement élevé », lit-on sur le communiqué rendu public par le Gendarme financier de la Cemac. La décision prise lors de la session ordinaire tenue le 12 décembre 2024 à Libreville au Gabon autorise les banques à emprunter au-delà du plafond règlementaire, de la liquidité à 40 sociétés en activité dans la sous-région. Celles-ci ont été sélectionnées sur une liste de 57 entreprises proposées par les Associations des professionnels d'Établissements de crédits (Apec) de leurs pays respectifs. Dans cette liste d’entreprises de grand standing, 11 ont été sélectionnées au Cameroun, 14 au Gabon, 8 au Congo, 4 au Tchad et 3 en Guinée Équatoriale. Elles bénéficieront de ce statut au titre de l'exercice 2025.
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Au Cameroun comme dans les 4 autres pays de la Cemac, la Cobac a porté son attention sur des multinationales (Total Gabon, MTN Cameroun et Congo, Moov Africa Tchad, Afrijet, CIMAF Gabon…) ; des sociétés à capitaux majoritairement publics (Port autonome de Douala, Sogara, Sodecoton, Snpc, Fgis, Sogara…) et des privés locaux tels que le Tradex, Prometal, Neptune Oil… Au rang des sociétés qui n’ont pas été inscrites sur la liste (Sonara, Congelcam, SUCAF, SEEG, Sogea Satom…). Mentionnons que ces entreprises n’ont pas séduit le régulateur bancaire de la Cemac en raison de « la non-certification des états financiers et un déficit des principaux indicateurs financiers », apprend-on.
Précisons également que le nombre de structures retenu pour 2025 représente presque le double de ceux qui en avaient bénéficié en 2024 (21). Cela peut traduire une volonté du régulateur de doper l'offre de financements au profit d'un secteur productif qui, ces dernières années, a été évincé auprès des guichets bancaires par les États à travers le marché des titres publics. Pour inverser cette tendance qui freine la croissance et accélère l'endettement non maîtrisé des pays de la région, la Cobac a durci les conditions pour ces derniers afin d'atténuer les risques qu'ils pèsent aujourd'hui sur le système bancaire régional.
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Somme toute, le statut de “grand standing et d'importance nationale” est particulièrement prisé, car il confère aux entreprises qui le détiennent, la capacité de mobiliser plus de financements auprès du système bancaire que les autres. Pour ces entreprises, la Cobac donne la possibilité aux banques de surpasser les marges réglementaires. L'article 7 du règlement de 2020, stipule en outre que les quotités relatives aux risques encourus sur ces entreprises peuvent être réduites de 25%. Cela signifie qu'en prêtant de l'argent à l'une de ces sociétés, les banques de la Cemac auront moins de contraintes en termes de constitution de fonds propres comparativement à d'autres débiteurs. Ainsi, elles ont la possibilité d'obtenir plus de prêts bancaires à des conditions beaucoup plus favorables pour financer leur trésorerie et leurs projets de développement.

