L’entrée en service, le 1er janvier 2025, de l’Application de gestion intégrée des effectifs de l'État et de la solde (Aigles) a permis au gouvernement camerounais de détecter 53 525 agents publics qui bénéficiaient encore de primes/avantages indus à fin de l'année 2024. Ce chiffre représente à lui seul 17,5% des effectifs de la Fonction publique camerounaise recensés au 31 mai 2026.
Le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), Joseph LE l’a révélé lors d’un entretien à la télévision nationale le 21 juin 2026. « Étant donné que tout est désormais automatisé, si vous étiez directeur hier et que vous ne l’êtes plus aujourd’hui, vous n’avez plus droit aux indemnités de session. Pourtant, certains continuaient à les percevoir », a-t-il indiqué.
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Si le Minfopra n’a fourni aucune précision sur le préjudice financier causé au Trésor public, ni sur la période durant laquelle ces sommes ont été perçues, encore moins détaillé la stratégie de recouvrement, il a tout de même cité en autres mécanismes, les mises en débet. Le Minfopra compte s’appuyer sur l'application Aigles pour assainir le fichier solde, probablement via des retenues directes sur les salaires mensuels. « Évidemment, nous avons fait ce constat pour ces quelque 53 000 agents. Mais cela ne va pas s’arrêter là. Ils devront rendre gorge et rembourser ce trop-perçu. L’État sait toujours récupérer le moindre de ses francs, tout comme il sait payer à chacun ce qui lui revient de droit », a conclu le Minfopra.
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Il convient de souligner que ces chiffres sont dévoilés alors que la phase contentieuse de l'opération de comptage physique des personnels de l'État (Coppe) suit son cours. Lancée en 2018 et devant initialement s'achever en 2025, selon les instructions du chef de l'État, sa conclusion est désormais reportée à 2026. Cette prolongation vise notamment la « sortie définitive du fichier solde de tous les agents publics reconnus absents et suspendus ».
Pourtant, d’après le ministère des Finances, la Coppe permet déjà à l’État d’économiser 30,5 milliards FCFA par an, auxquels s'ajoutent 12 milliards FCFA issus de l’opération de sécurisation du fichier des ayants-droit et des pensions d’invalidité.
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Pour certains observateurs, il faudrait, au-delà des sommes évaporées des caisses de l’Etat, interroger le mécanisme de paiement qui existait avant l'entrée en vigueur d'Aigles. Même si ce nouveau dispositif est désormais opérationnel et offre l'avantage de la «traçabilité », le Minfopra le perçoit comme un outil en plein déploiement, qui présente encore des « fragilités ». À en croire le membre du gouvernement, Aigles n'a pas seulement permis de recouvrer les sommes dues à l'État : l'application a également permis à 376 931 agents de bénéficier d'avancements d'échelons et de classes, avec un effet financier immédiat.

