Chargement des breaking news...
Politiques Publiques

Prisons : au Cameroun, l'État veut empocher au moins 58 millions FCFA sur le travail des détenus en 2026

La loi de finances 2026 acte l’entrée du travail pénal dans les recettes non fiscales de l’État.

Publiée mardi 13 janvier 2026 à 15:48:37Modifiée mardi 13 janvier 2026 à 15:48:42Temps de lecture 3 minPar EcoMatin

Vue principale de la prison centrale de Kondengui à Yaoundé

Le Cameroun a introduit, dans sa loi de finances 2026, un ensemble de mesures visant à renforcer les recettes non fiscales issues du secteur de la justice, en particulier de l’administration pénitentiaire, selon l’article 44ème du texte promulgué fin décembre par le Président Paul Biya. 

La réforme prévoit notamment la revalorisation et l’encadrement des frais liés à la cession de la main-d’œuvre pénale, dont les tarifs, inchangés depuis 1988, étaient jugés obsolètes. Désormais intégrés dans la loi de finances, ces frais sont fixés à 1 000 FCFA par jour pour un manœuvre, 1 500 FCFA pour un technicien, auxquels s’ajoutent des frais d’alimentation (500 FCFA) et d’encadrement par le personnel d’escorte (1000 FCFA). 

Lire aussi : Cameroun : l’État dévoile un budget 2026 de 8 816 milliards FCFA, soit 1 000 milliards de plus qu’en 2025

Il faut savoir qu’au Cameroun, les particuliers, les entreprises privées et les services publics (communes, ministères, hôpitaux, etc.) peuvent solliciter auprès des régisseurs de prisons, la mise à disposition de détenus pour l’exécution de certains travaux. Ce mécanisme, appelé « cession de la main-d’œuvre pénale », permet à l’administration pénitentiaire d’autoriser des prisonniers à effectuer des travaux temporaires en dehors de la prison, sous réserve d’une demande préalable et d’un encadrement strict. En contrepartie, le bénéficiaire de cette main-d’œuvre doit verser des frais à la prison. Les sommes perçues sont ensuite partagées entre le Trésor public (2/3) et le détenu (1/3), qui se constitue un pécule remis à la fin de sa détention.

Pour 2026, Yaoundé espère engranger au moins 58 millions FCFA sur cette niche. La loi de finance institue également le principe de  « recettes issues de la production pénitentiaire », c’est à dire celles issues des activités génératrices de revenus effectués par les détenus. Les principales activités recensées dans ce cadre incluent notamment l’agriculture, l’élevage, la couture (mixte), la coiffure (mixte), la menuiserie et l’artisanat (vannerie, bijouterie). Selon les autorités l’institution de cette mesure vise "la valorisation économique des activités pénitentiaires et la mobilisation de recettes additionnelles pour le Trésor public". Le texte reste, cependant assez flou sur le mécanisme et taux de prélèvement. 

Lire aussi : Cameroun le gouvernement ressuscite le projet de délocalisation de la prison de Yaoundé

Enfin, la loi introduit des frais de formation et de stages à l’École nationale de l’administration pénitentiaire (ENAP), applicables aux élèves, stagiaires, candidats issus d’autres administrations et candidats étrangers. Selon le gouvernement, l’ensemble de ces dispositions vise entre autres à diversifier les sources de recettes non fiscales de l’État, dans un contexte de contraintes budgétaires accrues.

Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Articles similaires

Actuellement en kiosque

Les plus lus

1
2
3
4
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.