Après une suspension des discussions en 2021, le Gabon a relancé la Société Financière Internationale (SFI), membre du groupe de la Banque mondiale, au sujet de la mise en place d’un projet d’implémentation de crédit-bail en faveur des Petites et moyennes entreprises (PME) locales. Dans ce sens, une délégation de la SFI a rencontré, le 19 juin dernier à Libreville, Patricia Djipano, la ministre gabonaise du Commerce des PME-PMI chargé des activités génératrices de revenus.
De ce qui ressort de cette rencontre, la SFI a réitéré sa disponibilité à apporter son soutien technique et financier pour ledit projet resté en suspend en l’absence d’une loi devant encadrer les parties. « Aujourd'hui, elle [la SFI] ambitionne d'accompagner le gouvernement de la transition à travers le "Crédit-Bail" qui devrait faciliter l'amélioration du climat des affaires et participer au développement des PME gabonaises. Le membre du gouvernement a soutenu que l'Etat gabonais était dans une dynamique de restauration et qu'il est important de saisir les opportunités. Elle a convié les équipes à une séance de travail pratique afin de rencontrer les PME du pays », apprend-on.
Le crédit-bail pourrait être une aubaine pour les entreprises gabonaises. Car, ces dernières n’ayant pas un accès facile au financement classique des banques, ce type de crédit leur permettrait alors de disposer d’engins et outils de production (agriculture, bois, énergie, élevage, agroalimentaire…) en mode leasing. Au terme de la location des engins, les PME ont la possibilité de les acquérir définitivement moyennant un loyer.
Selon une étude récente du ministère gabonais en charge des PME, les besoins en garantie de cette taille d’entreprises au plan local s'élèvent à 537 milliards de Fcfa. Mais très peu d’institutions bancaires prennent le risque de les financer parce qu’elles présentent des garanties « peu fiables » de remboursement.
Pour essayer de remédier à cette situation, l’Etat gabonais a mis en place, en octobre 2020, un système de préférence local selon lequel, au Gabon, les marchés des travaux publics inférieurs à 150 millions de FCFA seront réservés uniquement aux PME gabonaises. Ceci dans le but « d’assurer une meilleure promotion de l’entreprenariat national ». Cette mesure a été très appréciée par les entreprises locales du secteur des BTP qui se sont très souvent plaints de la préférence accordée aux entreprises étrangères dans l’attribution des marchés publics au Gabon.

