Une délégation conduite par Baltasar Engonga Edjo'o, président de la commission de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), et comprenant Dieudonné Evou Mekou, président de la Banque de développement des États de l'Afrique centrale (BDEAC), rentre d'une mission stratégique à Copenhague et Oslo. Ils y sont allés pour tenter de mobiliser des financements et développer des partenariats avec des institutions nordiques afin d'accélérer la mise en œuvre des projets intégrateurs régionaux. Au Danemark et en Norvège, la délégation a multiplié les rencontres avec des acteurs clés tels que Norfund, Norad, AP Moller Capital, State of Green et le Fonds d'exportation et d'investissement du Danemark (EIFO). Des lignes de crédit et des cofinancements ont été envisagés, notamment pour soutenir les banques commerciales locales et stimuler le secteur privé. Selon la BDEAC, Norfund a déjà exprimé son intention d'ouvrir des lignes de crédit dédiées aux PME locales, assurant ainsi une irrigation financière directe dans les économies de la sous-région.
La mission a également permis d'obtenir des engagements concrets sur des projets intégrateurs stratégiques. Norad qui est l'Agence norvégienne de coopération pour le développement s'est dit prête à cofinancer le projet hydroélectrique de Dimoli (200 MW), entre la République centrafricaine, le Cameroun et le Congo, ainsi que l'interconnexion électrique Cameroun–Gabon–Guinée Équatoriale. L'australien Frontier Energy, fonds d'investissement spécialisé dans le développement des projets énergétiques, a manifesté son intérêt pour le port sec d'Ebebiyin, situé dans la zone des trois frontières des deux derniers pays et du Gabon, tandis que l'État Vert se positionne pour le Fonds bleu du Bassin du Congo, initiative majeure pour la préservation et la valorisation durable des ressources hydriques de la région.
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La Commission de la CEMAC, la BDEAC et le PREF-CEMAC ont immédiatement mis en place un groupe de travail mixte chargé de finaliser les documents techniques et d'accélérer la signature des accords de financement. Objectif affiché : passer rapidement de l'intention à l'exécution pour renforcer la connectivité et l'offre énergétique de la sous-région. L'état des lieux des projets intégrateurs reste contrasté. En 2020, les chefs d'État avaient annoncé à Paris la levée de 2 492 milliards FCFA pour 11 projets prioritaires. Selon le PREF-CEMAC, 80% de ces projets ont été lancés, avec un taux de réalisation moyen de 75%. Mais sur le terrain, les chantiers progressent à des vitesses très disparates. Dans le secteur des transports, le tronçon Sangmélima–Ouesso–Pointe-Noire est achevé, mais la section Ouesso–Bangui–N'Djamena accuse un retard notable, faute de financements suffisants.
Les corridors routiers camerounais et tchadiens, notamment Maroua–Kousseri–frontière tchadienne et Ngaoundéré–Garoua, devaient encore des travaux urgents, malgré les financements débloqués par la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque européenne d'investissement (BEI). Dans le domaine ferroviaire, le chemin de fer Pointe-Noire–Brazzaville–Ouesso–Bangui–N'Djamena est encore en phase d'études, tandis que le tronçon Ngaoundéré–N'Djamena devrait débuter en 2027. Dans l'énergie, le projet PIRECT (interconnexion Cameroun–Tchad) a débuté en mars 2025 côté camerounais, pour un transport prévu de 100 MW depuis le barrage de Nachtigal à partir de 2027. D'autres interconnexions, comme Cameroun–Gabon, restent au point mort. Le secteur numérique présente une note plus positive : la dorsale à fibre optique interconnectant les États membres a réduit de 50 % le coût de l'Internet et posé les bases de l'économie régionale numérique.
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L'Université inter-États Congo-Cameroun, avec deux campus inaugurés en 2025, contribue à la formation de compétences spécialisées pour l'intégration régionale. Depuis 2020, près de 13 milliards d'euros, soit plus de 852 milliards Fcfa, ont été mobilisés pour ces infrastructures.

