Après le groupe BGFIBank, Commercial Bank Cameroon (CBC) devrait être le deuxième établissement financier à enrichir le compartiment « actions » de la BVMAC en 2025. Mais ce processus reste conditionné par la conclusion d’un accord pour la cession de 51% des parts dans le capital de la banque conformément au plan de restructuration validé par la COBAC. En mars dernier, Louis Paul Motaze, le ministre des Finances, indiquait que la signature de l’accord de rachat devait avoir lieu « d’ici la fin du 1er semestre 2024 ».
Si pour l’instant cette échéance est largement dépassée, le processus est sur le point de trouver un dénouement. La banque d’affaires Rothschild & Co mandatée par Yaoundé pour étudier différentes offres aurait déjà transmis à la présidence de la République son rapport. De bonnes sources, la holding Management Buy Out (MBO), constituée par la direction actuelle de CBC, les salariés et une partie de la clientèle, coche toutes les cases et serait en pole position.
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« Rothschild a reçu et étudié minutieusement une dizaine d’offres techniques et financières pour le rachat de CBC et conformément à son mandat, a retenu celles qui étaient les plus pertinentes », a indiqué une source proche du dossier, mais ayant requis l’anonymat. « Du point de vue de la banque d’affaires, c’est la Holding MBO qui coche le plus de case mais à l’étape où nous en sommes, rien n’est sûr, car le choix du repreneur revient à la discrétion des autorités camerounaises ». Contacté, le ministère des Finances n’a pas souhaité faire de commentaire.
Doublement du capital
Selon les informations de EcoMatin, l’offre formulée par Léandre Djummo (actuel DG de CBC et artisan du rachat par les salariés) suggère que les actionnaires actuels procèdent à une opération de doublement de capital par apports en numéraire, le faisant passer de 24 milliards actuellement à 50 milliards FCFA. Ceci permettra d’augmenter la valeur de l’entreprise. Les acquéreurs feront alors leur entrée au capital dans le cadre de cette opération en s’arrogeant 51% de l’actionnariat. Comme prévu dans le schéma initial, l’État conservera sa participation minoritaire (17%), quoique celle-ci serait mieux valorisée. Yaoundé touchera également un pactole plus consistant au terme de la cession des 30% restants à la bourse de Douala.
Cette offre a pour avantage qu’elle va consolider les fonds propres de la banque ce qui lui permettra de renforcer ses opérations sur le marché camerounais et pourquoi pas, à l’échelle de la CEMAC. De plus, en cédant à des acteurs qui ont contribué à redresser la banque, l’État serait rassuré quant à la continuité du management en place ainsi, la pérennité de l’activité, le maintien des collaborateurs et la qualité de la gouvernance. Des atouts qui ont permis à la direction actuelle de redresser cette banque qui, il y a quelques années était au bord de la faillite.
Choix cornélien
Selon nos sources, NSIA, SUNU, Access Bank, Ecobank et l’assureur Zénithe seraient également dans le dernier carré avec des offres pas moins intéressantes. Un intérêt qui est dû à la bonne santé financière de la banque. Classée septième banque camerounaise par la taille, le total bilan de CBC a progressé de 86,7 milliards de FCFA (+6,3%) en 2023, pour s’établir à 665,3 milliards de FCFA. Si ses dépôts ont progressé à 360 milliards de FCFA (+4,9%) entre ces deux derniers exercices, l’encours de ses crédits a par contre positivement évolué de 36 milliards de FCFA(+8,4%) l’année écoulée, frôlant les 420 milliards de FCFA d’encours. Sa bonne santé se reflète aussi dans le bénéfice net de 2,7 milliards de FCFA (+0,1%) en 2023.
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Au-delà du gain financier qui sera déterminant dans le choix du repreneur, les autorités camerounaises mettront surtout l’accent sur sa capacité à améliorer la gestion interne et à maintenir la dynamique de croissance de ce fleuron de l’industrie bancaire camerounaise. De ce point de vue, intégrer CBC dans une multinationale de renom (Ecobank, NSIA ou Access Bank) pour la mettre au standard de cette dernière serait un choix tout à fait raisonnable. Mais d’un autre côté, il y’a la volonté de consolider les acquis et de favoriser l’émergence de banques à capitaux majoritairement locaux pour soutenir durablement le financement de l’économie nationale. À date, sur les 19 établissements bancaires agréés dans le pays, seules 4 sont contrôlés par des capitaux majoritairement camerounais, à savoir Afriland First Bank, CCA-Bank, La Régionale Bank et le nouveau venu Africa Golden Bank, du milliardaire Samuel Foyou.
« Ce sera surtout un choix politique qui permettra de mieux cerner l’orientation que l’État veut donner à son secteur financier », commente un expert financier.

