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Rachat de Société Générale Guinée Equatoriale: le gouvernement s’oppose à son tour à l’opération de vente au groupe Vista

Le ministre équato-guinéen des Finances et du Budget, Fortunato Ofa Mbo Nchama dans un récent tweet a annoncé que le pays exercera son droit de préemption conformément aux statuts en vigueur et aux dispositions de l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique de l’Ohada.

Après l’opposition du ministre congolais de l’Economie et des Finances, Jean-Baptiste Ondaye sur l’accord de cession de Société Générale Congo au groupe bancaire Vista, son homologue équato-guinéen, Fortunato Ofa Mbo Nchama dans un récent tweet, assure avoir informé Société Générale, « de la décision ferme de ne pas accepter la vente illégale de leurs actions » au groupe bancaire panafricain Vista.

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Le membre du gouvernement n’a pas manqué d’indiquer que son pays exercera son droit de préemption conformément aux statuts en vigueur et aux dispositions de l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique de l’Ohada. En effet, le droit de préemption est le droit qui permet à une personne/un État de se porter acquéreur en lieu et place de l’acheteur dans le cadre d’une vente. Il s’agit d’une entrave à la liberté contractuelle justifiée soit par le principe de l’intérêt public, soit pour la protection du locataire. Si l’Etat équato-guinéen invoque son droit de préemption pour dénoncer « fermement » la démarche de Société Générale, c’est en s’appuyant sur l’article 771-2 de l’Ohada qui dispose qu’«il peut être stipulé dans les statuts ou les conventions que l’actionnaire qui entend céder tout ou partie de ses actions est tenu de le notifier à un ou plusieurs actionnaires qui peuvent faire connaître au cédant qu’ils exercent un droit de préemption au prix et conditions qui lui ont été notifiées ».

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Dans la même lancée, le ministre des Finances annonce dans les prochains jours « une réunion urgente » visant à « conclure rapidement cette affaire ». Cette sortie de Fortunato Ofa Mbo Nchama intervient quelques jours après celle de son homologue congolais, Jean Baptiste Ondaye, annonçant que son pays ne signera pas l’accord de cession de Société Générale Congo car, ne respectant pas les engagements pris la banque française dans un courrier daté du 31 mai 2023. Du coup, l’accord de vente signé le 7 juin 2023 entre SG et le groupe Vista Bank reste suspendu aux propositions sonnantes des gouvernements congolais et équato-guinéen  sur le rachat de ces filiales où ils détiennent respectivement moins de 10% des parts.

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Nouvelle stratégie de déploiement

Avec un produit net de 24 millions d’euros en Guinée équatoriale, 28 millions au Congo, Société Générale  quitte ces filiales en Cemac suite à une réflexion stratégique ouverte après l’arrêt il y a un an de Yup, sa solution de paiement mobile panafricaine (Cameroun, Sénégal, Côte d’Ivoire…), sur laquelle elle avait beaucoup misé. Alors que le français Société Générale envisage céder trois de ses filiales bancaires en zone Cemac, il compte se renforcer sur le marché financier sous régional en faisant immersion dans l’asset management. Un déploiement stratégique pour SG qui compte notamment s’appuyer sur sa filiale camerounaise pour investir dans ce nouveau segment de marché où sont déjà actives 11 sociétés agréées dont 10 au Cameroun. Parmi ses démembrements de la zone Cemac, Société Générale Cameroun s’est démarquée en 2022 à travers un résultat net de 22,8 milliards de F, en hausse de 46% par rapport à 2021.

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