En République centrafricaine (RCA), les autorités accentuent la traque contre l’exploitation aurifère illégale par des étrangers. Le 9 mars 2026, le gouvernement a annoncé la suspension des coopératives « Amitié Mondiale » et « Le Progrès de Centrafrique », à l’issue d’une mission d’inspection menée du 6 au 8 mars dans le département de la Nana-Mambéré, à l’ouest du pays. Ces entités, bien que détenues par des nationaux et titulaires des autorisations nécessaires, auraient confié l’exploitation de leurs sites à des étrangers via des accords opaques. « Cette visite fait suite aux dénonciations que nous avons reçues […]. Il nous a été signalé que ces deux coopératives sont en partenariat avec des sujets étrangers. Elles ont été suspendues », a indiqué le ministre des Mines, Rufin Benam Beltoungou.
Selon les autorités, ces partenaires étrangers opéraient en marge de la légalité sur des sites situés autour de la localité de Koundé. Les contrôles ont révélé qu’ils ne disposaient ni de cartes de séjour ni des autorisations requises pour accéder à ces zones extractives. « Dans tous les pays du monde, l’accès aux zones minières est réglementé. Un étranger ne peut pas circuler librement dans une zone minière en terre étrangère. Malheureusement, ce principe n’est pas toujours connu de nos compatriotes lorsqu’il s’agit de contrats », a déclaré le ministre. Le ministère précise également que ces irrégularités s’accompagnaient de dégradations environnementales et d’activités minières non autorisées.
Lire aussi :
Cette offensive s’inscrit dans une stratégie de reprise en main du secteur. En février 2026, le gouvernement a relevé la mercuriale de l’or de 30 000 à 50 000 FCFA le gramme, soit une hausse de 66 %. À travers cet ajustement, Bangui entend accroître la contribution du secteur minier au PIB, qui stagne à 1,8 % selon les derniers agrégats, et améliorer les recettes publiques. Cette fermeté intervient après l’expulsion, le mois précédent, d’une trentaine d’expatriés opérant illégalement dans le circuit aurifère. Elle répond aussi aux critiques du rapport ITIE 2023, qui souligne la forte captation de la production par les circuits informels : bien que le secteur extractif représente 92,3 % des exportations nationales, il ne génère que 6,6 % des recettes de l’État.
En 2023, la RCA a officiellement déclaré une production de 1 003,72 kg d’or, soit un peu plus d’une tonne, provenant principalement des sites artisanaux de l’Ouham, de la Ouaka et de la Nana-Mambéré. Ce volume, bien qu’en progression, reste largement inférieur au potentiel du sous-sol, en raison de la persistance de circuits de contrebande vers les pays voisins. Pays enclavé et seule économie de la zone CEMAC à ne pas produire de pétrole, la République centrafricaine mise sur la sécurisation de ses ressources aurifères et diamantifères pour diversifier son économie.
Lire aussi :

