Dans son rapport 2023, l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), appelle le gouvernement de Bangui à résilier les permis pétroliers détenus par des sociétés inactives et à relancer l’attribution des blocs par appels d’offres transparents. L’objectif est de « passer d’une logique de spéculation sur les titres à une production effective », afin de diversifier les recettes publiques de la République centrafricaine encore dépendante du bois et de l’or.
Selon l’Administrateur indépendant, le cadastre pétrolier reste encombré de permis dormants empêchant l’entrée d’investisseurs techniquement et financièrement capables d’exploiter les gisements. Le rapport recommande une résiliation systématique des titres non actifs, suivie de procédures concurrentielles et de la publication intégrale des contrats conformément à la Constitution de 2023. L’enjeu est de transformer un potentiel géologique identifié dans cinq bassins sédimentaires — Salamat, Doséo, Carnot, Mouka-Ouadda et Ndoukou-Possel — en activité commerciale.
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Jusqu’ici, l’amont pétrolier centrafricain demeure quasi inactif. En 2022, seules les sociétés à capitaux chinois PTIAL (Petroleum Thailand International Africa Limited) et PTI-IAS, opéraient les blocs A et C du bassin de Doséo sans atteindre la phase de production, se limitant au paiement de redevances superficielles estimées entre 150 et 160 millions de FCFA par an. Face au non-respect des engagements contractuels, l’État a engagé fin 2023 et courant 2024 la résiliation des permis.
Pour Bangui, l’assainissement du cadastre constitue un levier budgétaire : la croissance attendue entre 3,3 % et 3,5 % en 2026 reste fragile, précise l’ITIE, tandis que l’aide extérieure devrait financer 44 % du budget et que le déficit est estimé à 28 milliards de FCFA.
La réforme vise aussi un enjeu régional : la RCA demeure le seul pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) à ne pas produire ni exporter d’hydrocarbures. La relance du secteur pourrait réduire la dépendance aux matières premières forestières et minières, tout en renforçant la souveraineté financière d’un pays où plus de 60 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
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