L'objectif est-il de dégager un espace budgétaire à allouer aux secteurs sociaux et aux entreprises, ou simplement de porter à la hausse les dépenses d'investissement, arrêtées initialement budgétisées à 86 milliards FCFA ? En tout cas, en République centrafricaine, le gouvernement prépare une loi de finances rectificative qui va réajuster à la hausse le budget 2024 de l'Etat, arrêté initialement en recettes et en dépenses à la somme de 291,8 milliards Fcfa. D'entrée de jeu, il faut préciser que pour l'exercice budgétaire en cours, les autorités ont évalué les charges de l'Etat à quelques 320 milliards Fcfa, en tablant sur un solde budgétaire (différence entre les recettes et les dépenses) négatif de 28 milliards. Le collectif budgétaire en préparation pourrait donc contribuer à réduire, si ce n'est à effacer le déficit budgétaire. La Centrafrique qui est loin d'être sortie de l'auberge budgétaire engrange néanmoins des performances relativement bonnes sur le front économique ces derniers mois, grâce à un train de réformes engagées par le gouvernement.
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Le Comité national économique et financier (CNEF) de l'année, qui s'est réuni en sa deuxième session ordinaire sous la présidence du ministre des Finances et du Budget (Minfib), Hervé Ndoba, le 23 juillet, a confirmé un dynamisme des activités économiques en République centrafricaine à fin avril 2024, notamment dans les branches vivrières, sylvicoles, énergétiques et commerciales, en dépit des contre-performances enregistrées au niveau des branches minières, caféières, cotonnières et des BTP. Cette instance a noté que le taux d'inflation s'est établi à 1,5% en moyenne annuelle à fin avril 2024, contre 5,8% à la même période un an auparavant. Le CNEF estime qu'il s'agit là d'un corollaire des mesures prises par le gouvernement pour démanteler une bonne partie des barrières illégales qui jonchaient les couloirs qui transitaient les marchandises et qui étaient en grande partie responsable du renchérissement des prix. Dans ses perspectives macroéconomiques pour 2024, le CNEF indique qu'elles seraient caractérisées par une progression du Pib réels à 2,0%, contre 1,0% en 2023. L'instance projette également une baisse des tensions inflationnistes, avec un taux d'intérêt. L'inflation qui s'établirait à 2,4% à fin décembre 2024, en moyenne annuelle, contre 3,0% un an plus tôt.
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Reste à présent à savoir à hauteur de combien va s'élever le collectif budgétaire en préparation. L'équipe du Fonds monétaire international (FMI) qui a achevé un séjour le 17 juillet dernier à Bangui, la capitale, a également relevé une évolution positive de la conjoncture macroéconomique en RCA, après des discussions avec le gouvernement sur la mise des réformes structurelles et sur la loi de finances rectificative de 2024 qui est en train d'être peaufinée. La mission du FMI a dit avoir observé la dynamique positive de mobilisation des ressources internes depuis le début du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC), soulignée qu'elle s'est poursuivie sur les 6 premiers mois de l'année durant lesquelles elles ont atteint le niveau record de 80 milliards Fcfa. D'après les experts du FMI, « les perspectives de financement budgétaire continuent également de s'améliorer, portées par les discussions en cours avec des partenaires techniques et financiers qui pourront aboutir sur de nouveaux programmes d'appui budgétaire. De même, une dynamique renforcée de réforme des finances publiques semble s'être installée, comme en témoignent les orientations stratégiques du récent séminaire sur les réformes numériques organisé par le ministère des Finances et du Budget ».
Le FMI évite, cependant, que d'importants défis continuent de peser sur les perspectives économiques ainsi que sur les finances publiques. « Un premier défi majeur et récurrent concerne la campagne d'approvisionnement en carburants par le fleuve Oubangui qui peine toujours à démarrer. Un échec de cette campagne, pour la troisième année consécutive, contribuerait à plomber l'activité économique, grever les revenus de l'Etat, et retarderait la stabilisation macroéconomique d'au moins deux semestres compte-tenu de la structure d'importation de la RCA », alerte l'institution financière.

