Le ministre des Mines et de la Géologie de la République centrafricaine, Rufin Benam Beltoungou, a rapporté, le 16 juillet 2024, l'arrêté du 31 janvier 2023 portant renouvellement de trois permis d'exploitation artisanale semi-mécanisée pour l'or et le diamant à la société Développement de la science et de la technologie minière (DSTM).
Motifs invoqués par le membre du gouvernement : « exploitation dans un domaine non concédé ; suspension unilatérale de l'activité d'exploitation sur le site attribué pendant une période de plus de 6 mois ; manquement aux obligations relatives à la protection de l'environnement telles que prescrites dans le plan de gestion environnemental et social de la société ; non-paiement de la taxe superficiaire ». Cette décision fait suite aux multiples plaintes des populations de Nola, dans la préfecture de Sangha-Mbaéré, selon lesquelles les activités de cette entreprise chinoise sont à l’origine de l’ensablement de la rivière Sangha, case du rétrécissement de son lit.
Plus grave, l’exploitation de l’or par cette société a provoqué une pollution qui se traduit, notamment, par le changement de coloration de la rivière Sangha, qui irrigue l’est de la préfecture et constitue la deuxième source de revenus après l’exploitation minière pour les populations, qui y mènent des activités de pêches. Cette pollution n’est, en effet, pas sans conséquence sur la faune aquatique de ce cours d’eau ; elle menacerait même son écosystème tout entier. Une mission d’inspection et de contrôle du ministère des Mines et de la Géologie avait été dépêchée début juin dernier sur le site de l’entreprise. Ses conclusions ont été sans appel sur les dégâts causés par les activités aurifères de DSTM sur le terrain. L’arrêté ministériel du 16 juillet précise que les trois permis d’exploitation ainsi retirés à l’entreprise chinoise sont immédiatement retournés au domaine de l'Etat. Présente en République centrafricaine depuis 2016, DSTM tente de relativiser. Sur les antennes de Radio Ndekeluka, émettant à Bangui, son directeur général, Mathias Kondanga, de nationalité centrafricaine, lançait début mai dernier que « toute exploitation minière a des impacts ».
Il s’était par ailleurs défendu des accusations contre la société qu’il dirige, en expliquant avoir réalisé, en 2016, une étude d’impact environnemental en bonne et due forme. « Il y a ensuite eu, en 2022-2023, un audit environnemental assorti d’un plan de gestion environnemental et social », a-t-il ajouté. C’est d’ailleurs sur cette base que lui a été délivré un certificat de conformité. Alors que le gouvernement lui reproche de n’avoir pas respecté les termes de ce plan de gestion environnemental et social, le patron de DSTM assure que sa société va passer dans un bref délai à la restauration des sites exploités, entre autres manquements à corriger.

