La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) a commis le 20 juin dernier son rapport annuel sur les Investissements dans le monde pour le compte de l’exercice 2023. Pour l’Afrique centrale, les 11 pays de la région ont capté dans l’ensemble 5,8 milliards de dollars (soit 3 593 milliards de Fcfa au cours actuel du dollar américain) d’Investissement directs étrangers (IDE) contre 7 milliards enregistrés un an plus tôt, soit une baisse de 17% soutenu par le contexte économique mondial marqué par des tensions commerciales croissantes. Dans le ranking des 5 destinations phares des IDE en Afrique centrale, la tête de file demeure la République démocratique du Congo avec 1,6 milliard de dollars (près de 1 002,6 milliards de Fcfa) captés à fin 2023, en chute de 11,4% en comparaison avec 1,8 milliard enregistré en 2022. Toutefois, les pays de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cameroun, Congo, Gabon, guinée Equatoriale, République centrafricaine) restent majoritaires avec 4 rangs détenus depuis 2018.
Selon le rapport publié par cet organisme onusien, la seconde place est occupée par le Gabon qui avait perdu ce rang en 2022 au profit de la Guinée équatoriale après 4 années successives. Le pays de Clotaire Oligui Nguema a capté 1,15 milliard de dollars (705,8 milliards de Fcfa) des investisseurs étrangers. Une enveloppe en hausse de 46 millions de dollars en glissement annuel et qui place le Gabon en tête de la zone Cemac en termes d’IDE. Selon la Cnuced, les principaux secteurs qui attirent ces investissements dans le pays sont l’exploitation minière, le pétrole et le gaz, ainsi que l’industrie du bois. Pour l’année 2024, le gouvernement gabonais prévoit d’attirer davantage d’investisseurs pour financer son plan de développement pour la période 2024-2026 dont le budget total de 4 536 milliards de Fcfa est réparti entre ressources propres, financements extérieurs, financements privés via les partenariats public-privé (PPP) et la responsabilité sociale des entreprises (RSE).
Juste après vient le Tchad avec 913 millions de dollars d’IDE (environ 560 milliards de Fcfa) reçus en 2023, en hausse de près de 300 millions de dollars par rapport à 2022. Cette hausse considérable a permis au pays de Toumaï de se classer à la 18ème place dans le top 20 des pays africains ayant attiré les plus d’IDE en 2023. Selon le rapport exploité par EcoMatin, la majorité des investissements dans le pays se sont dirigés vers les secteurs du pétrole et du gaz, le développement des infrastructures et le secteur des services (télécommunication et banque). Les principaux investisseurs du pays sont le Nigeria, la France, le Royaume-Uni et la Corée du Sud.
4ème place pour le Cameroun
Le Cameroun est, suivant les données du rapport, le 4ème pays le plus attractif pour les investisseurs étrangers en Afrique centrale avec un volume d’IDE estimé à 799 millions de dollars en 2023 soit près de 490 milliards de Fcfa. Cette enveloppe est en baisse de 77,8 milliards de Fcfa, soit 15,87% de moins que les 568,34 milliards de Fcfa d’IDE captés en 2022. Soit une seconde année de chute après la reprise en 2021 (590 milliards de Fcfa) et le plus bas volume d’IDE capté par le pays après les 414 milliards de Fcfa de 2020.
Le Congo clôture le top 5 des destinations des IDE en 2023 avec un volume ressorti à 626 millions de dollars, correspondant à 383,5 milliards de Fcfa contre 325,9 milliards de Fcfa en 2022 selon les données compilées par la Cnuced, soit une hausse de 17%. Selon les données compilées par la Cnuced, les flux d'IDE vers le Congo sont restés stables entre 2021 et 2022 à 532 millions de dollars, nettement moins que la moyenne 2018-2020 de 3,9 milliards de dollars. Ici, ce sont la France, la Chine, les Pays-Bas, l'île Maurice et l'Italie qui sont les principaux investisseurs dans le pays, la Chine étant la plus impliquée dans les projets d'infrastructure tels que le développement des ports, des routes, des chemins de fer et de l'électricité.
A noter que, selon la Cnuced, les investissements en Afrique centrale ont été le plus orientés vers les secteurs pétro-gaziers et énergie verte, les investisseurs européens occupant trois des quatre premières places des plus grands détenteurs de stock d’IDE dans cette région de l’Afrique notamment le Pays-Bas, la France, les États-Unis et le Royaume-Uni.

