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Recapitalisation : la Banque africaine de développement augmente son capital à 302,8 milliards d'euros (+55,6%)

Il s'agit de la 8ème augmentation générale du capital appelable retenu lors des Assemblées annuelles organisées à Nairobi du 27 au 31 mai et qui a réuni le Conseil d’administration et les gouverneurs de cette institution financière.

Publiée lundi 3 juin 2024 à 21:50:53Modifiée lundi 3 juin 2024 à 21:50:55Temps de lecture 4 minPar Vicky BAGAL

Akinwumi Adesina, président de la Banque Africaine de développement

Le Conseil d'administration de la Banque africaine de développement (BAD) a retenu une nouvelle augmentation générale de son capital appelable. Celui-ci est passé de 153,19 milliards d'UC, environ 194,56 milliards d'euros à 241,19 milliards d'UC, environ 302,8 milliards d'euros, soit une hausse de 108,24 milliards d'euro en valeur absolue et de 55,63% en valeur relative. Cette recapitalisation qui représente la 8ème du genre a été retenue lors des 59èmes Assemblées annuelles de l'institution financière organisées du 27 au 31 mai dernier à Nairobi, capital du Kenya. Elle a réuni le Conseil d’administration et les gouverneurs de la BAD. Cette opération, selon Akinwumi Adesina, président de la BAD, a pour objectif de conserver la note de triple A attribuée à la Banque par les agences de notation financière depuis plus d'une décennie. En effet, selon la Banque l’obtention de la note de crédit « AAA » de Fitch Ratings, Moody's, S&P Global Ratings et autres agences mondiales, prend en compte prioritairement les performances financières de la banque, mais aussi sa gestion des risque et des liquidités.

Lire aussi : Cameroun : la BAD revendique près de 328 milliards de Fcfa d’investissement en 2023

Concrètement, le capital-actions de la BAD est composé à 94% du capital appelable et 6% à libérer et du capital. Le premier renvoie au capital non libéré que les actionnaires s'engagent à verser pour aider la Banque dans des circonstances extrêmes. "Il s'agit d'une protection pour les détenteurs d'obligations et de garanties émises par la Banque dans le cas extrême où elle ne serait pas en mesure d’honorer ses obligations financières", explique la Banque dans la note de souscriptions au capital publié en début d'année. Le second quant-à lui constitue la base sur laquelle la structure pourra ériger ses activités. Sous cette appellation sont regroupés tous les biens et les sommes d'argent que les associés (ou actionnaires) consentent à apporter pour la constitution du patrimoine de la société.

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Ainsi dit, la Banque revendique que son capital fait l'objet d'une série d'augmentations spéciales du capital, 1 augmentation volontaire du capital et 7 augmentations générales du capital avec un capital autorisé initial de 250 millions d'UC, près de 317,5 millions d'euros. La dernière en date avait été approuvée le 31 octobre 2019 portant le capital à la hausse de 125%, passant de 6 947 255 actions pour 69,47 milliards d'UC (près de 88,23 milliards d'euro) à 15 319 136 actions pour 153,19 milliards d'UC. "Une fois les actions créées entièrement souscrites, celles-ci sont divisées en actions à libérer et en actions appelables puis allouées aux groupes régionaux et non régionaux dans des proportions suivantes : le groupe régional détiendra 60% du capital-actions total de la Banque et le groupe non régional (hors Afrique) 40%", indique la BAD.

Le lobbying des candidats

Au menu de cette assemblée, la priorité a été donnée à la recapitalisation dans un contexte où les élections à la Présidence de la Banque africaine de développement se préparent. Même si celles-ci n'auront lieu qu'en mai 2025 et que les candidats à la relève devront déposer leur dossier entre septembre 2024 et la fin de janvier 2025, le lobbying des potentiels candidats à la succession d’Akinwumi Adesina a déjà commencé et s'est fait ressentir ces derniers jours à Nairobie. Les potentiels candidats sont entre autres le Tchadien Abbas Mahamat Tolli, ancien Gouverneur de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC) qui a annoncé sa candidature à la mi-mars 2024, le Franco-algérien Rabah Arezki, ancien économiste en chef de la BAD, qui lui a annoncé sa candidature un mois plus tard tandis que du côté de l'Afrique de l'Ouest, le successeur potentiel le plus pressentit serait la Sénégalaise Hassatou Diop N’Sele, actuelle vice-présidente des finances de la BAD. Le premier challenge du vainqueur sera donc de préserver l'héritage du Nigérian Akinwumi Adesina, qui a fait 2 mandats de 5 ans démontrant les solides références financières de la Banque ces dernières années.

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