La date de clôture du 4e Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH) au Cameroun, couplé pour la première fois au Recensement de l'agriculture et de l'élevage (RGAE), a été prorogée jusqu'au 31 juillet 2026. Selon un arrêté signé ce 1er juin par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, ces opérations lancées le 24 avril dernier, qui devaient initialement s’achever le 29 mai, bénéficient ainsi d’une rallonge de deux mois et deux jours. «La date de fin des opérations de collecte mutualisée des données du dénombrement du quatrième recensement général de la population et de l'habitat et du module de base de l'agriculture et de l'élevage est prorogé du 29 mai 2026 au 31 juillet 2026».
Lire aussi : Cameroun : le recensement général perturbé par des retards de paiement
Ce report était prévisible au regard de la récente actualité entourant ce projet gouvernemental annoncé depuis 2025. Le 29 mai dernier, jour initialement prévu pour la fin des opérations, le ministère de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu) laissait déjà présager cette prorogation en indiquant que les activités se poursuivaient sur le terrain. Le Minhdu semblait justifier cette rallonge par le fait que « la phase de dénombrement proprement dite a démarré le 15 mai 2026, après la phase de reconnaissance des zones de dénombrement et d’ajustement de la cartographie censitaire », soit plus de trois semaines après le lancement officiel.
Le 19 mai, la coordination nationale des agents recenseurs a adressé au Premier ministre un mémorandum valant mise en demeure et préavis de grève pour le 22 mai. Premier grief : le paiement d'une rémunération forfaitaire de 150 000 FCFA par agent, dont les modalités de versement sont contestées. Le collectif réclamait également le règlement des frais de formation, une réévaluation des frais de transport en zones enclavées et la publication de la grille des ressources humaines. Dans leur mémorandum, les agents estimaient que les retards logistiques enregistrés au démarrage ont amputé le temps réel de collecte dans plusieurs zones. Ils réclamaient par conséquent une réévaluation des délais d’exécution afin de garantir la qualité des données collectées.
La prolongation des délais va sans doute alourdir l’enveloppe budgétaire qui, initialement prévue à 64 milliards FCFA, avait été divisée par près de cinq pour s’établir à 13,3 milliards FCFA sans justificatifs. Quand on sait que ces deux opérations sont financées à hauteur de 7 milliards de FCFA par le Programme régional d'harmonisation des statistiques en Afrique de la Banque mondiale et de 6,2 milliards de FCFA par l'État camerounais, deux hypothèses deviennent probables en cas de surcoût :soit une renégociation avec les partenaires financiers, soit un effort budgétaire supplémentaire de la part des pouvoirs publics.
Lire aussi : Agriculture et élevage : 6 milliards des bailleurs de fonds pour financer le projet de Recensement général

