Entre janvier et mars 2024, l’État du Cameroun a collecté une enveloppe totale de 982,9 milliards de Fcfa de recettes fiscales, selon le document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2025-2027 produit par le ministère des Finances. Dans l’ensemble, ce montant est en hausse de 5,9% en comparaison aux 927,8 milliards de Fcfa mobilisés sur la même période en 2023, soit une différence positive de 55 milliards de Fcfa. De cette enveloppe, 767,5 milliards de Fcfa correspondent aux recettes d’impôts et taxes tandis que 215,3 milliards représentent les recettes douanières.
Dans le détail, le document d’orientation budgétaire (DOB) renseigne que cette hausse a été portée par les recettes d’impôts et de taxes particulièrement l’impôt sur les sociétés non pétrolières qui a rapporté 275,2 milliards de Fcfa dans les caisses de l’Etat contre 243,2 milliards un an plutôt. La Taxe sur la valeur ajoutée (TVA), les droits d’accises et les droits d’enregistrement et timbre se sont également mieux comportés s’établissant respectivement à 196,7 ; 88,1 et 46,9 milliards de Fcfa à fin mars 2024.
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Dans le même temps, les données du ministère des Finances révèlent que l’enveloppe de recettes fiscales mobilisées par le Cameroun au 1er trimestre 2024 correspond à un taux de réalisation des objectifs initiaux de 95% par rapport aux prévisions de 1 035 milliards de Fcfa faits par le gouvernement. Les recettes ainsi mobilisées représentent 25,1% de l’objectif annuel de 3 914,7 milliards de Fcfa contenu dans l’ordonnance de la loi de finances rectificative signée par le chef d’Etat camerounais Paul Biya le 20 juin dernier. Calculette en main, on constate que pour réaliser cet objectif, les administrations en charge de la collecte des taxes au Cameroun doivent maintenir un rythme de collecte moyen de 978,6 milliards de Fcfa chaque trimestre.
Ainsi, pour atteindre ces objectifs, le gouvernement camerounais s’appuie sur de nouveaux impôts afin d’élargir davantage l’assiette fiscale du pays, en allant vers des contribuables constituant des niches qui échappent encore au fisc selon la loi de finances 2024. Il s’agit notamment du secteur informel dont la contribution fiscale peine à atteindre les 5% alors qu’il représente 30% du PIB du pays, de certains particuliers avec la mise en place de la déclaration annuelle récapitulative des contribuables non professionnels mais également de l’augmentation des retenues sur la base imposable à l’IRPP catégorie traitements et salaires.
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A noter que, les prévisions budgétaires en matière de collecte des recettes fiscales ont été revues à la baisse compte tenu de l’ordonnance du Chef de l’Etat. Ainsi, pour le compte de l’année 2024, elles sont passées de 3968,3 milliards de Fcfa fixé par la loi de finances 2024, promulguée en décembre 2023 à 3 914,7 milliards de Fcfa, soit 53,6 milliards de Fcfa en moins par rapport au seuil contenu dans la loi de finances initiale.

