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Recettes pétrolières : 500 milliards de pertes pour la Cemac

La chute du prix de l’or noir au premier trimestre de l’année 2020 a fortement détérioré les finances publiques des pays de la Cemac.

Les finances publiques des 6 pays de la Cemac n’ont pas été des plus reluisantes depuis le début de l’année en cours. Pour cause, l’activité économique y a été négativement impactée, à la fois par le ralentissement enregistré au niveau mondial au cours de l’année 2019 du fait des incertitudes sur les politiques publiques, et la crise sanitaire causée par la pandémie du coronavirus vers la fin du premier trimestre 2020. Dans une note d’analyse sur l’exécution des finances publiques de la Cemac, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) explique cette contreperformance par la détérioration des activités du secteur pétrolier (première source de revenu des Etats de la sous-région). « Avec un cours du baril à environ 26 dollars en mi-mars contre 60 dollars en fin de 2019, les recettes des pays de la Cemac producteurs de pétrole ont connu une baisse abyssale » explique la note.

Dans les faits, les pays de la Cemac ont perdu environs environ 500 milliards de recettes pétrolières en glissement annuel au premier trimestre 2020. La facture devrait être encore plus salée si l’on s’en tient aux dernières projections réalisées à cet effet.

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Dans une évaluation des incidences économiques et financières du Co-vid-19 sur les économies de la Cemac, réalisée au mois d’avril dernier, le Pref-Cemac (Programme des réformes économiques et financières de la Cemac) situait à 2 653,7 milliards de FCFA les pertes de recettes qui pourraient être enregistrées tout au long de l’année. Pertes dues à la baisse du prix du baril de pétrole à 20 dollars, entraînant une baisse de la production (-6,9 millions de tonnes). Ce choc pétrolier devrait néanmoins se ressentir différemment en fonction des pays.

La Guinée Equatoriale, le Congo, le Gabon et le Tchad pour qui cette matière première contribue très souvent à plus de 80% du budget seront plus sévèrement touchés par rapport au Cameroun où celle-ci représentent 25%.

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Course à l’endettement

La détérioration des finances publiques au 1er trimestre 2020 s’explique non seulement par la baisse des recettes budgétaires, mais aussi à cause des dépenses publiques qui n’ont connu qu’un léger repli. Entre janvier et avril 2020, les dépenses globales des 6 pays de la Cemac sont passées de 2461 milliards au dernier trimestre 2019, à 2444 milliards au cours de la même période en 2020. Les dépenses en capital sont revenues de 707 milliards à 680 milliards, tandis que les dépenses courantes sont restées plus stables.

Par ailleurs, l’exécution des finances publiques s’est soldée par un déficit global d’environ 495 milliards, contre un excédent estimé à plus de 15 milliards au 1er trimestre 2019.

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D’après la Beac, la baisse des ressources publiques au cours de la période sous-revue a poussé les Etats à recourir aux emprunts internationaux. Ceux-ci ont gonflé l’enveloppe de la dette globale de 1,3%, laquelle est passée de 31,4% du PIB à 32,7 %. Malgré cela, la Beac révèle que « la dette dans la Cemac est restée dans les limites communautaires de la surveillance multilatérale ».

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