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Recouvrement de créances à Camwater : ce que la justice reproche à William Sollo

Aux côtés de l’ancien directeur général de la Camwater, son prédécesseur, Basile Atangana Kouna, est épinglé en partie pour la comptabilisation des charges injustifiées.

Le passage de Jean William Sollo à la tête de la Cameroon water utilities corporation(Camwater) est sujet à caution. L’ancien directeur général de cette entreprise du secteur public est l’objet de nombreuses accusations. A l’audience du 10 août dernier, le Ministère public convoque un témoin. « Que connaissez-vous à propos des faits que la Camwater reproche aux accusés Atangana Kouna et compagnie ? » Ainsi, le représentant du Parquet général interroge Jean Christophe Beckonge. Le cadre juridique à la Camwater relève un ensemble de griefs portés contre Jean William Sollo. Il s’agit : du décaissement de la somme d’1 milliard 642 millions 230 mille 731Fcfa. Ce déblocage de fonds a eu lieu  entre le 18 juillet 2014 et le 26 janvier 2016 au profit de l’établissement Cameroon General services(CGS), appartenant à Atangana Stanislas Victor. Le but visé par cette sortie de fonds étant le paiement des frais de commission relative au recouvrement des créances de la Camwater envers le Ministère des Finances (Minfi). Le paiement prend corps  sur la base d’un contrat sous seing privé.

En outre, Jean William Sollo répond des faits relatifs au déblocage  de la somme de 610,2 millions de FCFA, (au départ, arrêté à 572 millions Fcfa par la juge d’instruction). Ce montant représente les frais de fonctionnement d’un groupe de travail mis en place par le Minfi. Le groupe de travail était constitué des responsables du Ministère des Finances (Minfi), de la Camwater, et de la Camerounaise des Eaux.

A ces dépenses, s’ajoute la somme 85 millions Fcfa. Elle est décaissée au titre d’avance sur salaire au profit de Jean William Sollo, alors directeur général de la Camwater.

Pour le témoin du Ministère public, ces opérations sont marquées du sceau de l’irrégularité. Ces irrégularités sont constatées au mois de février 2016. «  Lorsque Alphonse Roger arrive comme Directeur général de la Camwater, il commande un audit interne. L’audit est réalisé par le contrôleur de gestion de l’époque. Le rapport de cet audit fait ressortir un certain nombre de griefs reprochés à Jean William Sollo », conte Jean Christophe Beckonge. Il indique qu’à la suite de ces irrégularités constatées dans le rapport d’audit, la tutelle technique est informée de la situation. C’est ainsi qu’elle décide de porter plainte contre le directeur général de la Camwater d’alors, Jean William Sollo. « Ce dernier, n’étant pas informé de l’initiative de la tutelle, a déposé également une plainte contre X par devers madame le procureur général près le Tribunal criminel spécial (Tcs) pour plusieurs faits avant sa gestion. Des faits selon ses dires étaient constitutifs du détournement des biens publics », poursuit le témoin du Ministère public.

Irrégularités

 L’enquête préliminaire diligentée à la suite de la plainte introduite par sieur Sollo relève des irrégularités, dont une partie est reprochée à Basile Atangana Kouna, une autre à William Sollo : « Il en  est ressorti par ailleurs, la comptabilisation des charges injustifiées reprochées à Basile Atangana Kouna et le paiement irrégulier des frais d’inventaire reprochés à sieur Sollo. »

A la question de savoir pourquoi  la tutelle technique s’est plainte, Jean Christophe Beckonge souligne qu’ « il n’y a eu aucune pièce qui justifiait l’utilisation de ces fonds. » Le témoin est invité à présenter point par point les différents chefs d’accusation qui pèsent sur les accusés. Ne disposant pas sur-le-champ des détails, Jean Christophe Beckonge sollicite un renvoi de l’affaire.  « Je ne m’oppose pas à ce qu’on lui concède jusqu’à demain. Nous avons besoin des détails. Ce témoin a raison de demander un peu de temps pour rassembler tous les éléments », requiert le Ministère public.  Jean William Sollo a officié comme directeur de la Camwater de mars 2012 à février 2016. Il a remplacé à ce poste, Basile Atangana Kouna promu ministre de l’Eau et de l’Energie.

Hormis les accusés Basile Atangana Kouna et Jean William Sollo, le Ministère public et l’Etat du Cameroun (CAMWATER) a engagé les poursuites judiciaires contre de nombreux autres mis en cause. Victor Stanislas Atangana, René Martin Mbida, Jean Parfait Koé, Jean Dieudonné Mah, sont accusés d’infractions de détournement de biens publics et complicité. L’audience du 10 août dernier a été suspendue. La suite de l’audition du témoin de l’accusation a été programmée le lendemain. 

René Ombala

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