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Refinancement : la Beac resserre l’étau sur les banques

Appelés à ne pas réduire leur portefeuille de crédit à l’économie pour bénéficier du refinancement de la Beac, les banques préfèrent s’abstenir.

La Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), institut d’émission des 6 pays de la Cemac, a procédé, ce lundi 12 octobre au lancement d’une opération d’injection de liquidités de 12 mois de maturité sur le marché monétaire d’un montant de 50 milliards de FCFA. L’opération qui se fera par appel d’offres à taux variable est adossée sur un taux minimum de 3,50%. Cette opération est la dernière d’une série de trois annoncés au mois de juillet par la Beac pour soutenir durablement la liquidité du marché monétaire et impacter plus directement les conditions de financement des Etats sur le marché des valeurs du trésor. « Les injections de liquidités à long terme visent principalement à offrir aux établissements de crédits les ressources stables dont ils ont besoin pour compenser la perte des dépôts de la clientèle induite par la crise et couvrir leurs emplois à moyen et long termes, notamment en ce qui concerne l’offre de crédit à la clientèle et la souscription aux titres émis par les trésors publics », explique le gouverneur de la Beac, Abbas Mahamat Tolli.

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Ainsi donc, la Beac s’était proposé d’injecter 150 milliards de FCFA en 3 opérations d’un montant unique de 50 milliards de FCFA. La première opération qui s’est tenue au mois d’août s’est soldée par une sursouscription des banques (105,26%) soit un montant total d’offres exprimées de 52,6 milliards contre 50 milliards mis en adjudication. Cependant, cet engouement n’a pas été de longue durée. Au cours de la deuxième opération de refinancement de même nature, seules trois banques ont participé et n’ont réussi à capter que 26 milliards de FCFA, sur les 50 milliards proposés par la Banque Centrale.

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Dans le secteur bancaire, l’une des raisons de la réticence des banques au cours de cette opération est la conditionnalité « contraignante » imposée aux banques qui souhaitent en bénéficier. « L’accès à ces refinancements sera réservée aux banques qui s’engagent à ne pas réduire leur portefeuille de crédit à l’économie» précise un communiqué du Comité de politique monétaire de la Beac signé le 22 juillet dernier et instaurant la reprise des opérations d’injection à long terme. Pourtant, la courbe concours bancaires octroyés dans les pays de la Cemac est en baisse continue. Entre le 1er et le 30 juin 2019, ceux-ci se sont situés à 3471 milliards, en recul par rapport à la même période en 2018 où ce montant était de 3 811,2 milliards. Si la Beac explique ce recul par la chute des coûts des matières premières notamment, le pétrole, dans les établissements de crédits, on pointe particulièrement l’accumulation des créances en souffrance, qui contribuent à renchérir le coût du crédit et donc, limite son octroie. Au Cameroun, le ministère des Finances chiffrait les créances en souffrance à 554 milliards de FCFA en début décembre 2019.

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Interventions exceptionnelles

Réuni le 22 juillet 2020, l’une des décisions annoncées en grande pompe était le programme de rachat des titres publics sur le marché secondaire pour un montant maximal de 600 milliards de FCFA à raison de 100 milliards de F CFA par Etat. Ce programme qui devait s’étendre sur une durée de 6 mois renouvelables, concerne les titres publics à 10 ans de maturité au maximum. « Ce programme a pour objectifs d’offrir un filet de sécurité aux Etats pour leur permettre d’accroitre les ressources mobilisées sur le marché des valeurs du trésor de la Cemac et favoriser par ce biais, un assouplissement de leurs conditions de financement » indique un communiqué de la Beac. Trois mois après cette annonce, le Cpm tarde à donner des précisions sur ce refinancement. Dans le secteur bancaire, l’on craint que cela soit fortement conditionné comme c’est le cas pour les injections de liquidités décidés par l’institut d’émission et de contrôle de la monnaie. Cependant, l’on sait tout de même que la Beac ne ciblerait que les émissions de titres survenues à compter de la période de la crise sanitaire de la Covid-19, « pour permettre aux Etats de disposer de nouvelles ressources » justifie la Beac.

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