elite_capital-15-09-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Banques et FinanceEecomembre

Réglementation des changes : pas de nouveau moratoire pour pétroliers et miniers

Avec le soutien du FMI et des Etats, la Beac semble bien décidée à faire la lumière sur les revenus générés par l’exploitation des ressources naturelles.

Publiée lundi 20 septembre 2021 à 20:49:26Modifiée lundi 20 septembre 2021 à 22:36:36Temps de lecture 7 minPar Cedrick JIONGO

Abbas-Mahamat-Tolli-1
Le gouverneur de la Beac est bien décidé à ne pas reculer

Le 31 décembre 2021 marque la fin du moratoire accordé par la Banque des Etats de l’Afrique Centrale(Beac) aux compagnies minières et pétrolières pour leur mise en conformité avec la nouvelle réglementation des changes. Dès l’année prochaine, ils seront tenus de domicilier leurs recettes d’exportations dans la sous-région, clôturer leurs comptes en devises on-shore et off-shore et rapatrier toutes les recettes issues de leurs activités. L’application de cette norme communautaire devrait permettre à la banque centrale de disposer de davantage de réserves nécessaires pour garantir la sta­bilité de la monnaie. Avec des niveaux de production actuels de 700 000 barils de pétrole par jour et 5 millions de tonnes de GNL par an, la Cemac reste l’une des régions les plus riches du monde. Si cette norme communautaire est d’application obligatoire pour tous les opérateurs effectuant des transactions avec l’extérieur, difficile d’affirmer avec certitude qu’elle le sera dès le 1er janvier prochain. Car cest bien la 4e fois que les compagnies pétrolières et minières parviennent à s’en soustraire à travers des textes particuliers de dérogation.

Nouvelle offensive

Recrutement de lobbyistes américain et africains, campagnes médiatiques, lobbying auprès des dirigeants de la sous-région, pressions diplomatiques… jusqu’ici les compagnies minières et pétrolières qui opèrent en Afrique centrale ont toujours réussi à se soustraire à l’application de la nouvelle règlementation des changes qu’ils jugent « excessivement agressive » pour leurs opérations internationales.   A quelques mois de la forclusion du délai de mise en conformité accordé par la Beac, elles entendent rééditer l’exploit.  Depuis quelques semaines, apprend-on de bonnes sources, le personnel diplomatique des pays qui abritent leurs sièges est mis à contribution pour infléchir la position de la banque centrale. Selon les informations de EcoMatin, le gouverneur de la Beac, Abbas Mahamat Tolli a d’ailleurs été convié ce mois-ci pour un échange à la chambre de Commerce de Washington. Invitation formelle au cours de laquelle il pourra être entretenu sur les entraves causées par cette norme communautaire sur les activités des multinationales minières et pétrolières.

Lire aussi : Règlementation des changes : les patrons de la Cemac font reculer la Beac 

Rien de nouveau sous le soleil mais sans doute une ultime tentative de conciliation. Pour ces compagnies, les entraves à leur business sont de plusieurs ordres. Elles considèrent par exemple que le rapatrie­ment des recettes d’exportation entraverait l’accès à des financements auprès des banques in­ternationales et limitent l’accès immédiat aux devises pour le règlement des fournisseurs dans des délais requis. Sur l’interdiction de procéder à l’ouverture d’un compte en devises hors de la Cemac et dans la Cemac sans autorisation préalable de la Beac, elles considèrent que la détention des comptes en devises à l’étranger est une condition d’emprunt sur le marché bancaire international et un moyen de paiement, dans les délais, des fournisseurs implantés hors Cemac. De même, l’obligation de rapatriement des fonds de réha­bilitation des sites prévue par la réglementation des changes pour eux est un leurre. Elles estiment que la Cemac n’est pas en mesure de sécuriser ces fonds jusqu’au terme de leurs contrats d’exploitation et préfèrent les préserver dans des comptes à l’étranger. Leur objectif est donc simple : parvenir à un démantèlement de certaines dispositions de cette réglementation, ou à tout le moins, obtenir purement et simplement une réécriture de l’instrument juridique communautaire dans le sens de faire sortir les entreprises des secteurs minier et pétrolier de la liste des assujettis au règlement Cemac portant réglementation des changes dans la sous-région.

 « Concrètement, il faudrait plusieurs mois à une société de services locaux de la Cemac pour honorer ses engagements contractuels avec un opérateur, contre seulement quelques jours ou semaines pour tout autre concurrent non contraint par la même réglementation. En conséquence, les entreprises d’Afrique sont condamnées à perdre inexorablement les contrats qu’elles ont travaillé si dur pour obtenir des opérateurs étrangers présents en Afrique Centrale » déplore la chambre africaine de l’énergie. « Grâce à des règles de change ajustées, à des politiques fiscales accrues et à des flux de capitaux restreints, les entreprises locales ne seront pas en mesure de rivaliser ou d'établir des partenariats avec des entreprises internationales, ce qui entraînera des pertes d'emplois et la pauvreté énergétique associée. Si l'idée de la BEAC est de nuire aux investisseurs, non seulement ils le font, mais ils nuisent également aux entreprises locales et les bureaucrates de la BEAC ne devraient pas choisir les gagnants et les perdants. Cela va à l'encontre des politiques favorables à la croissance et axées sur le marché qui assureront la croissance économique plutôt que de mendier de l'aide étrangère » renchérit NJ Ayuk, le président exécutif de ce mouvement qui regroupe les opérateurs miniers et pétroliers africains.

Comme le roseau qui plie sans toutefois rompre

Selon un document déposé au cabinet du ministre camerounais des finances et consulté par EcoMatin, Abbas Mahamat Tolli est bien décidé à « prendre ses responsabilités » en appliquant ce règlement à tous les assujettis pétroliers et miniers y compris. Le gouverneur de la Beac l’a d’ailleurs fait savoir aux chefs d’Etats de la Cemac. En novembre 2020 quand il décidait de leur accorder un délai supplémentaire d’un an pour se conformer, le gouverneur de la Beac invitait les multinationales pétrolières et minières à « régulariser les comptes en devises qu’elles détiennent en sollicitant les autorisations requises à régulariser toutes opérations soumises à déclaration réalisées avant l'entrée en vigueur du Règlement N°02/18/CEMAC/UMAC/CM susvisé et durant cette période dérogatoire (emprunts, remboursements, prêts, investissements directs, investissements de portefeuille, opérations de couverture contre le risque de change, etc.) et à communiquer à la Banque Centrale toute information sollicitée ».

Lire aussi :  Règlementation des changes : Célestin Tawamba peut-il faire reculer la Beac ? 

La banque centrale a depuis lors tenu des rencontres B to B avec les opérateurs pour tenter de leur appliquer ne serait-ce que de manière « souple » le règlement. « Les sociétés pétrolières veulent une approche globale c’est-à-dire que eux d’un côté et la Beac en face. Or la Beac a pris sur elle de procéder à des discussions individuelles et s’est bien rendue compte que tous n’ont pas  les mêmes préoccupations. La Beac est disposée à faire des concessions mais le règlement doit être appliqué » explique un cadre au Minfi. Pour mener à bien sa réforme, Abbas Mahamat Tolli a reçu l'onction des chefs d’Etats de la Cemac lors du sommet extraordinaire du 18 août 2021. Ces derniers ont réaffirmé leur engagement à la « poursuite d’une politique monétaire prudente et efficace et l’application judicieuse de la réglementation des changes à tous les secteurs d’activités » et encouragé la Beac à poursuivre toutes les actions entreprises ou envisagées dans ce domaine.

Un engagement qu’ils se sont tenus eux même à respecter en transmettant plus tôt à la banque centrale les contrats miniers et pétroliers signés avec ces entreprises, lesquels dérogent pour la plupart à la ré­glementation des changes. La Beac a ainsi reçu, entre fin 2019 et septembre 2020, un total de 139 contrats et conventions pé­troliers et miniers. Pour sa part, le Fonds monétaire International(FMI) accentue la pression sur la Beac pour qu'elle mette en œuvre l’exigence de rapatriement des devises des entreprises du secteur extractif, quitte à leur permettre de bénéficier de comptes en monnaie étrangères auprès de la Beac. 

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
La suite après cette publicité
ecomatin magazine n3

EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici

  • Accueil
  • Banques et Finance
  • Réglementation des changes : pas de nouveau moratoire pour pétroliers et miniers
Archive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

Epremium1758275717586Banques et FinanceAfrique de l’Ouest : comment BGFI Holding envisage une cotation à la BRVMLe groupe BGFI souhaitait initialement lancer cette opération en même temps que la deuxième phase de son placement en CEMAC, ouverte ce 15 septembre et prévue jusqu'au 15 octobre. Ce calendrier n'a toutefois pas pu être tenu.il y a 19 heuresAFB BIDBanques et FinanceCameroun : la BID accorde une ligne de crédit de 95 millions d’euros à quatre banques pour soutenir les PMELors de la Journée du Groupe de la Banque islamique de développement, l’institution et ses filiales ont conclu plusieurs accords avec des opérateurs camerounais, dont quatre opérations de financement conformes à la Charia destinées à soutenir le secteur privé.il y a 19 heuresBOADBanques et FinanceSénégal : la restructuration de la dette fait planer une menace sur la BOAD(Fitch)Deuxième plus importante exposition en prêts de la BOAD, le Sénégal reste l’un des principaux risques pesant sur sa notation. Fitch craint qu’une restructuration de la dette de Dakar englobe finalement certains titres en monnaie locale détenus par la banque régionale.il y a 20 heuresHenri-Claude OyimaBanques et FinanceCEMAC : BGFI Holding lance sa deuxième augmentation de capital à 80 000 FCFA l’actionBGFI maintient l’action à 80 000 FCFA, soit le même prix que lors de la première phase, alors que le titre se négocie actuellement à la BVMAC à 93 051 FCFA. Les souscriptions courent jusqu’au 15 octobre.il y a 21 heuresBill Nkemla, Directeur Général de CCA-Bank HoldingBanques et FinanceCCA-Bank obtient le feu vert de Brazzaville pour s’implanter au CongoL’offensive africaine annoncée par CCA-Bank commence à prendre forme. Le ministre congolais des Finances, Christian Yoka, a autorisé l’ouverture d’une succursale de la banque au Congo. Une étape qui intervient quelques mois après un important renforcement de ses capacités financières.il y a 1 jourMinistère de l'Economie et des Finances de BrazzavilleBanques et FinanceCongo : les banques signalent leurs limites face à l’accumulation des titres publicsPour desserrer cette dépendance, Brazzaville veut désormais élargir sa base d’investisseurs et rendre ses obligations plus liquides sur le marché secondaire.​il y a 1 jour
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1CCA-Bank obtient le feu vert de Brazzaville pour s’implanter au Congoil y a 1 jour2Cameroun : le Cabinet Atou met aux enchères l’immeuble litigieux de Djeuga Palace à Doualail y a 6 jours3Cameroun : le pakistanais Sunrise Food veut implanter un complexe agroalimentaire à Doualail y a 1 jour4Minerai de fer: un projet ferroviaire de 3 600 milliards FCFA annoncé entre la RCA et Kribiil y a 5 jours5Énergie, routes, investissements… : au Cameroun, le patronat dresse un bilan préoccupant de l’économieil y a 4 jours6CEMAC : BGFI Holding lance sa deuxième augmentation de capital à 80 000 FCFA l’actionil y a 21 heures7Transport aérien: une troisième compagnie nigériane ouvre une desserte vers le Camerounil y a 1 jour8Bamboo Microfinance séduit les investisseurs de Douala avec son emprunt obligataire de 5 milliards FCFAil y a 4 jours9La Centrafrique sollicite les banques pour racheter 10 milliards FCFA de dette sur le marché des titres publicsil y a 5 jours10Gabon : un audit gouvernemental ramène la dette publique de 84,6 % à 68,9 % du PIBil y a 22 heures
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.