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Conjoncture

Rentrée scolaire 2021-2022 : le choix d’un établissement divise les parents

A trois semaines de la rentrée scolaire 2021-2022, les parents d’élèves s’expriment sur ce qui justifie le choix entre un établissement public ou privé pour leurs enfants.

Publiée vendredi 27 août 2021 à 20:40:16Modifiée vendredi 27 août 2021 à 20:43:50Temps de lecture 8 minPar EcoMatin

Au moment d’entamer une nouvelle année scolaire, le choix d’un établissement scolaire pour sa progéniture est très souvent le sujet qui fâche. Et pour cause, plusieurs facteurs sont mis en avant par les parents qui défendent mordicus chacun une cause. Parmi ces facteurs, l’on a : le coût de l’inscription, la proximité par rapport au domicile ou encore les résultats enregistrés lors des années scolaires antérieures. Les avis à ce sujet sont divers, mais généralement, c’est d’abord la nature de l’établissement qui compte. Ce qui ramène le débat entre les parents à choisir entre un établissement privé ou public.

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Une incursion auprès de ces derniers montre une balance qui pèse plus en direction des établissements privés. Jacqueline Ibis ménagère et mère d’enfants explique la raison pour laquelle son choix est orienté vers ce type d’établissement : « j’affectionne les établissements privés parce que les effectifs y sont réduits. Et moins il y a d’élèves, plus il y a de la chance pour l’enseignant de suivre tout le monde. En fin d’année ça ne ment pas, les résultats sont là ». Explique-elle.Même si les établissements privés semblent conquérir le cœur des parents, il n’en demeure pas moins que les coûts de ceux-ci restent élevés. Mais cela n’est pas un frein pour ces parents qui sont déterminés à vouloir le meilleur pour leurs enfants. Chose que confirme M. Awong, parent : « le prix de la scolarité n’est pas vraiment un obstacle. Lorsque l’on veut procurer une bonne formation à nos enfants, il est important de dépenser en quantité. Et cela demande que l’on se prépare à l’avance ».

Même si l’adhésion à la cause du public n’est pas aussi grande que celle du privé, elle séduit néanmoins certains parents. « Le public est un très bon choix, surtout en ce qui concerne le prix de la pension. Il est très accessible et donne la chance à chaque parent d’envoyer son enfant à l’école », explique M. Dafeu. Le coût réduit de la pension n’étant pas toujours le seul motif. Pour Mme Bioyo « j’ai décidé d’envoyer mes enfants à l’école publique parce moi-même j’y ai fréquenté. Et lorsque l’on est confronté à un tel milieu, on peut facilement se débrouiller au milieu de la foule. Aller où il y a moins de personnes, je n’apprécie pas », indique-t-elle.

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Une certaine franche de la population n’a pas d’avis arrêté sur la question à l’avance. Pour eux d’autres critères justifient le choix d’un établissement, notamment la proximité au lieu de résidence. C’est le cas de maman Blandine, pour qui « la distance par rapport à la maison est pour moi le meilleur critère, surtout quand on a encore des petits enfants comme les miens. S’ils sont proches cela me donne la possibilité de les surveiller de temps en temps, et de vite aller les chercher, surtout avec les vols d’enfants qui se multiplient dans notre ville ». Franck Ongono aussi épouse cette idée : « pour moi c’est la distance que je regarde. Par ce que le coût de vie est élevé, surtout dans une métropole comme Yaoundé. Si l’enfant est proche, je peux faire des économies et le satisfaire ailleurs, au lieu de dépenser en taxi ».

Enseignement public ou privé : 4 critères pour orienter le choix d’un parent

Le choix d’un établissement scolaire figure parmi l’une des multiples préoccupations qui occupent l’esprit des parents, à l’approche de la rentrée scolaire. Plusieurs raisons pourraient alors justifier le choix d’un établissement privé ou public, laïc ou confessionnel...D’après Anastasie Ngouabe, conseiller d’orientation au collège la Retraite de Yaoundé, le premier critère qui entre dans le choix d’une école appropriée pour un enfant est la crédibilité de l’établissement. C’est dire que, « l’école doit être reconnue par les différents ministères des enseignements ». Pour ce faire, il y a des procédures adossées sur un ensemble de textes législatifs et règlementaires. Par exemple, le décret N2008/3043 du Premier ministre fixant les modalités d’organisation et de fonctionnement privé au Cameroun. Celui-ci renseigne sur le fait que la crédibilité d’un établissement est liée à l’approbation de cet établissement par l’Etat. A cet effet , l’article 4 dudit décret stipule que : « les établissements scolaires ou de formation privés sont créés par les fondateurs qui les déclarent auprès du ministre chargé de l’éducation de base ou du ministre chargé des enseignements secondaires, selon le cas. Ils peuvent être libres ou agréés par l’Etat comme établissement sous contrat».

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Toutefois, le corps professoral n’est pas en reste dans les critères de choix d’un établissement. Il est important que les enseignants recrutés soient au préalable formés dans la matière qu’ils vont dispenser. A côté de cela, ils doivent être capables de transmettre fidèlement ce qu’ils ont appris lors de leur formation aux élèves. Une chose qui est souvent vérifiable à travers le taux de réussite qu’a enregistré l’établissement durant l’année scolaire précédente. A cette première obligation qu’est la formation, se greffe une obligation d’éducateur. Car les enfants passent la plupart de leur temps à l’école, l’enseignant doit pouvoir continuer à jouer ce rôle d’éducateur, déjà entamé par les parents à la maison.

A ces deux justificatifs, l‘on peut y ajouter les établissements qui offrent la possibilité à ses apprenants de voyager après leur formation. Dans ce cas, « il faut voir l’insertion des enfants après l’obtention de leur parchemin. Pour des écoles ayant des bourses d’étude à l’étranger, il faut voir le pourcentage de voyage par an c’est à dire chercher à savoir si tous les enfants sont habilités à voyager après leur formation » ajoute madame Ngouabe.

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Enfin, s’il faut également parler des écoles spécialisées pour les enfants déficients (les déficients mentaux, déficients intellectuels, les autistes, aveugles etc.), le cadre de l’établissement doit être propice à l’épanouissement de l’enfant. Les enseignements doivent promouvoir toutes actions susceptibles de faciliter l’inclusion holistique, l’adaptation et la rééducation de l’enfant souffrant d’un handicap. Néanmoins, au Cameroun, on parle déjà de l’intégration des élèves handicapés à l’école. C’est dire que malgré les difficultés liées à leurs limites de capacités, ils ont le droit de fréquenter dans une école ordinaire en compagnie des autres enfants.

Enseignement la cartographie des établissements privé et public au Cameroun

Si le choix d’un établissement pour son enfant a drainé trois catégories auprès des parents, les chiffres fournis par les différents ministères permettent de se faire une idée claire de la chose. Ainsi, que ce soit en termes d’effectifs d’élèves ou d’enseignants, les établissements privés sont moins nombreux que les établissements publics ou communautaires. C’est ce qu’ont révélé des données du ministère de l’Education de Base (Minedub), au cours d’une enquête menée entre 2018 et 2019. A la maternelle, le ratio élève/salle de classe affiche 34 au public, 25 au privé et 43 au communautaire. Au primaire, le public comptabilise un total de 64 élèves, 26 au privé et 75 dans les enseignements communautaires.

Du côté de l’enseignement général, on enregistre durant cette période, un total de 1 459 682 élèves, soit 1 040 723 dans les établissements publics et 418 959 pour le privé. Dans

l’enseignement technique professionnel, on comptabilise un total de 318 703 élèves pour 257 389 au public et 61 314 au privé.

Par ailleurs, le Minedub a retracé une évolution des établissements en fonction de leur nombre entre 2018 et 2019. Les données affichent donc, 1 928 établissements dans l’enseignement secondaire général, 760 dans l’enseignement technique professionnel et 1 dans l’ordre polyvalent. Pour l’enseignement d’ordre privé, l’on a enregistré un total de 827 établissements dans l’enseignement secondaire général, 58 dans l’enseignement technique professionnel et 376 pour le type polyvalent.

Jordane Abomo Ela et Fleure Aboun (Stagiaires)

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